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Mes expériences sportives

Mes expériences sportives

Courses à pied, tournois de Badminton & récits en tous genres


[21 au 25/07/2025] Défi de la Muzelle

Publié par David Gueudet sur 4 Août 2025, 15:49pm

Catégories : #COURSE À PIED

C'est après une semaine complète de bénévolat dans le cadre de l'Ultra Tour des 4 Massifs que je me rends aux Deux-Alpes avec mon frère. Après une saison sportive intense et bien chargée, le Défi de la Muzelle représente un vrai défi pour moi car j'ai beau avoir fait pas mal de Trail depuis dix ans, j'ai fait très peu de dénivelé en 2024-2025. Au final, les 100 kilomètres et 6000 mètres de dénivelé positif faits sur les parcours de l'Ut4M la semaine qui précède la compétition représentent ma plus grosse préparation à la course, un peu tardive... Mais j'ai encore pris bien du plaisir sur les massifs autour de Grenoble, que ce soit dans le Vercors (balisage du Pic St-Michel à Vif le mercredi, serre-file entre St-Nizier et St-Paul le jeudi et débaliseur entre Seyssins et St-Nizier le vendredi), la Chartreuse (ouvreur du Sappey à Grenoble dans la nuit de vendredi à samedi) ou Belledonne (serre-file de Recoin de Chamrousse à Pré Long dans la nuit de samedi à dimanche).

Je n'arrive donc pas hyper frais aux Deux-Alpes mais je suis en forme. Nous arrivons sur place le dimanche après-midi et après une rapide installation, je pars récupérer mon dossard ! Ensuite, en début de soirée, c'est l'heure du briefing, ça met dans l'ambiance très conviviale de l'épreuve. Les organisateurs ont l'air très sympas, ça promet une belle semaine ! Malheureusement, on commence le lundi avec un parcours de repli car une bonne dose de pluie est annoncée dans la nuit mais on devrait bien s'en sortir en journée, normalement.

[21 au 25/07/2025] Défi de la Muzelle

Etape n°1 : Tout va de Travers ?

(repli 2025 en lieu et place du Tour de Pied Moutet)

30 kilomètres / 1550mD+

L'étape n'est pas raccourcie (30 kms au lieu de 29) mais simplifiée (moins de D+ que prévu et surtout, du technique en moins) donc l'heure de départ est légèrement décalée, dans le bon sens pour nous avec un peu de sommeil en plus ! C'est un départ à 9h00 ! Mon frère m'ayant dit qu'il serait probablement au départ, je l'attends un peu avant de rentrer dans le sas mais c'est une erreur car je me retrouve complètement à l'arrière du peloton de 350 concurrents engagés sur ce grand défi (ceux qui courent le petit défi partent chaque jour plus tard que nous).

C'est d'autant plus une erreur qu'aujourd'hui, le début de parcours me correspond plutôt bien avec un profil descendant sur un tracé humide rendu glissant par la pluie, je suis souvent assez à l'aise là-dessus par rapport à d'autres coureurs. Du coup, dès le départ, j'entame une remontée progressive mais sans excès car je ne veux pas me griller pour autant. Surtout que les premiers hectomètres se font au niveau de la station avec quelques petites montées alternées avec du plus roulant avant d'attaquer vraiment la descente vers Mont-de-Lans.

Comme prévu, avec tout ce qui est tombé pendant la nuit, c'est bien mouillé ce matin donc la première descente est assez délicate. Je continue de doubler régulièrement du monde. On arrive à Mont-de-Lans après environ 6 kilomètres, au moment d'attaquer une belle petite bosse qui calme après ce début de course rapide. On enchaîne avec une nouvelle descente puis une nouvelle montée, bien plus longue que les précédentes. C'est après cette belle première vraie difficulté qu'on redescend en direction du premier ravitaillement, à La Faurie.

A cet instant, tout va vraiment très bien pour moi. Nous avons parcouru environ 12 kilomètres et je suis 81ème en 1 heure 21 minutes et 07 secondes. Nous allons entrer dans le vif du sujet avec l'essentiel du dénivelé positif de l'étape condensé dans les 10 prochains kilomètres. Je me ravitaille bien avec de la pastèque, du saucisson et du fromage, exactement ce que j'aime trouver sur des ravitaillements ! En boissons, il y a aussi ce qu'il faut avec de l'eau plate, de la St-Yorre et du coca, notamment.

Autrement, je pars chaque jour avec un peu de ravito sur moi (pâtes de fruit, pâtes d'amande et une barre en plus d'une flask de 500mL remplie d'eau et d'une pastille d'électrolytes pêche/passion que je sur-valide ainsi qu'un litre d'eau plate). Sur cette première étape, je consomme toute mon eau mais pas d'aliments solides.

J'attaque donc la longue montée vers la Troïka qui se fait en deux temps, une première partie d'ascension assez irrégulière, pas trop difficile malgré quelques passages plus raides avant une petite descente, une portion plate et la montée finale, plus régulière et dure tout le long. C'est dans la première partie de montée qu'un fait de course malheureux se produit pour moi, mon premier coup de malchance. Alors que nous montons en file indienne, bien espacés les uns des autres, je passe au même endroit que tout le monde où quelques guêpes se trouvent et l'une d'entre elles me pique à la cheville ! Je sens que ça me lance sur le coup mais ensuite, la douleur s'estompe et ne m'embête pas plus que ça même si ma cheville rougira et gonflera ultérieurement.

Je poursuis mon chemin, je fais quelques photos des magnifiques paysages qui s'offrent à nous aujourd'hui. Il fait beau désormais, c'est hyper agréable. Et les panoramas sont vraiment superbes. Je relance bien sur le passage plus favorable entre les deux portions ascendantes avant de perdre pas mal de places dans la deuxième partie de montée, vraiment plus difficile. Il faut dire que la majorité des concurrents court avec des bâtons. J'ai les miens au logement mais j'ai fait le choix de ne pas les utiliser, je verrai si je les prends sur d'autres étapes mais je n'ai pas envie d'être encombré en descente notamment.

C'est après 19 kilomètres de course (2 heures 29 minutes et 48 secondes d'effort) que nous arrivons sur le premier segment de la course, un segment grimpeur. 400 mètres à 15% de pente moyenne à faire à fond si on veut jouer ce classement sur l'ensemble des 4 étapes. Il y a le même principe pour les segments sprint et descente même si le segment descendeur a été annulé aujourd'hui car il était prévu dans une zone jugée trop dangereuse avec l'humidité. Clairement, je n'ai aucune chance de faire quoi que ce soit en montée donc je décide évidemment de ne pas le jouer même si celui-là est celui sur lequel j'aurais pu faire quelque chose de correct contrairement aux autres segments grimpeur de la semaine. Je mets donc 7 minutes et 17 secondes à parcourir ce segment en sous-bois. 164ème temps sur 349 partants.

On sort ensuite de la forêt pour une dernière partie de montée en lacets au soleil. Cela commence à être difficile, il est temps d'arriver au ravitaillement suivant qui va faire du bien. C'est en haut que m'attend mon frère après avoir pu emprunter le téléphérique menant jusqu'ici (j'ai pu lui acheter un pass accompagnant, hyper pratique pour qu'il puisse assister au passage de la course à des endroits différents et stratégiques chaque jour, une bonne occasion pour lui de randonner dans des zones variées). Et c'est aussi là que j'aborde le moment le plus important de mon étape, le segment sprinteur ! Je compte le jouer, en bon parisien, mais je ne sais pas du tout si j'ai mes chances de faire quoi que ce soit.

Il est positionné très tard dans la course aujourd'hui, je l'attaque après 21 kilomètres (3 heures 01 minute et 17 secondes d'effort) et surtout après une très longue et difficile ascension. C'est parti pour 400 mètres à fond, je pars très fort mais la fin du segment se fait en montée donc quand je commence à être vraiment dans le dur, je ralentis un peu pour ne pas exploser sauf que je n'avais pas vu que c'était déjà la fin du segment, j'aurais sûrement pu grappiller une ou deux précieuses secondes ! Je finis 6ème en 1 minute et 08 secondes à seulement 2 secondes du 5ème et 3 secondes du 4ème, dommage mais les 3 premiers étaient hors de portée aujourd'hui. Cela risque d'être difficile d'aller chercher un podium mais les segments des prochains jours devraient normalement mieux me convenir (plus tôt dans la course et plus roulants).

Il ne me reste plus qu'à parcourir un kilomètre pour rejoindre le deuxième et dernier ravitaillement de l'étape avant la descente finale vers les Deux-Alpes. C'est après environ 23 kilomètres en 3 heures 07 minutes et 25 secondes que j'arrive à la Troïka où j'en profite pour bien me ravitailler, papoter avec les très sympathiques bénévoles, rigoler un peu et apprécier la vue ! Je suis alors 106ème. 25 places perdues dans la montée.

Ensuite, je fais une belle descente car j'ai encore de bonnes jambes. Ce n'est pas une descente qui me plaît car c'est de la piste caillouteuse très large mais je profite de ma forme pour prendre de la vitesse et doubler un peu de monde. Je souffre un peu plus sur la portion moins roulante plus en bas car j'ai quand même pas mal engagé dans le début de la descente mais ça sent l'écurie donc je serre les dents pour aller au bout. Après un premier replat, on redescend encore bien vers la station avant les derniers hectomètres légèrement montants pour rallier l'arrivée au bout de 3 heures 46 minutes et 02 secondes en 92ème position. Top 100 pour cette première étape ! Sur 349 partants, il y a 346 finishers.

Le soir, après un bon ravitaillement méridien puis du repos, j'assiste à la remise des prix pour les premiers de l'étape et la remise des dossards de leaders des différentes spécialités. On mange ensuite au resto avec mon frère avant d'aller me coucher pour être en forme pour l'étape difficile du lendemain. Pourtant, sur le papier, elle ne fait pas particulièrement peur mais on nous l'annonce plus technique et éprouvante que la première, ça promet !

[21 au 25/07/2025] Défi de la Muzelle
[21 au 25/07/2025] Défi de la Muzelle
[21 au 25/07/2025] Défi de la Muzelle
[21 au 25/07/2025] Défi de la Muzelle
[21 au 25/07/2025] Défi de la Muzelle

Etape n°2 : Du Diable à la Fée

21 kilomètres / 1300mD+

Cette fois, le départ est à la même heure que la veille (9h00) mais je ne fais pas la même erreur et je me place même carrément en première ligne car je rentre parmi les premiers dans le sas et on nous demande de nous avancer pour laisser de la place à tout le monde. Sauf que personne n'ose se rapprocher de la ligne de départ et je me retrouve tout devant par défaut. Et même quand le départ est donné, le temps que tout le monde se mette en route, je me retrouve en première position pendant quelques dizaines de mètres avant de me faire logiquement avaler par le peloton.

Le tout début d'étape est très roulant mais à l'inverse d'hier, on attaque ensuite directement la looongue première montée du jour, près de 5 kilomètres de montée bien raides. Dès que ça monte, je me mets rapidement à marcher pour ne pas exploser donc je me fais doubler de tous les côtés par tous ces fous furieux qui courent en montée. Je n'en suis pas capable avec le néant fait cette année au niveau du D+ face à ces montagnards ou ces traileurs des plaines qui s'entraînent en faisant le hamster sur leurs petites bosses locales. Et j'ai à nouveau décidé de partir sans bâtons, ce qui n'aide pas sur cette première partie de course bien montante.

Peu avant le segment grimpeur, je papote avec deux autres concurrents dans la montée dont celui qui a fini 1 seconde derrière moi sur le segment sprint la veille. Je commence à accuser un peu le coup de cette montée que j'ai un peu plus engagée qu'hier, j'arrive un peu rôti au bout de même pas 6 kilomètres, au moment d'attaquer le premier segment du jour après 54 minutes et 59 secondes d'effort. Je laisse passer beaucoup de monde sur ce segment de 500 mètres avec une pente moyenne à 28% ! 9 minutes et 42 secondes, 187ème temps.

J'arrive au premier ravitaillement du jour, au Diable, déjà bien emprunté. Mon frère m'accompagne sur les quelques mètres qui précèdent le ravito et sur les quelques mètres qui suivent après une bonne pause pour manger (toujours de la pastèque, du saucisson et du fromage) et pour boire un mélange de coca et de St-Yorre que je consomme en marchant. J'aperçois le lac plus bas vers lequel on se dirige et c'est peu après ce lac qu'est situé le segment sprint, mon moment important du jour.

Après 2 kilomètres de descente en étant archi prudent pour garder un maximum d'énergie, je passe le lac et franchement, je suis dans le dur ce matin mais je compte bien tout donner. Je respire un bon coup dans la redescente juste après le replat du Lac du Plan (kilomètre 8) et j'attaque à fond le segment de sprint du Thuit après 1 heure 18 minutes et 38 secondes de course.

Là, j'envoie vraiment du pâté pendant 700 mètres à bien plus de 20km/h sur une piste caillouteuse assez large de -7% de pente moyenne. A très grandes enjambées, je fonce en donnant tout ! Je m'inquiète un peu des travaux en cours vers la fin du segment mais ça ne gêne pas et la borne de fin du segment est enfin en vue un peu plus bas, ouf. Une fois le segment terminé, je relâche après un effort vraiment très intense ! 3ème aujourd'hui, en 1 minute et 43 secondes. Et vu comme je me suis donné, ils sont vraiment costauds les deux premiers ! Le vainqueur du jour s'est manqué hier en finissant 12ème tandis que le deuxième était déjà deuxième hier mais je me rapproche en ne lui concédant qu'une petite seconde.

Ensuite, une fois que j'ai un peu récupéré, je descends convenablement pendant plusieurs kilomètres mais là où habituellement je doublerais des concurrents, c'est plutôt l'inverse qui se produit car je suis en train de récupérer du sprint. Je perds quelques places dans une portion qui m'est normalement favorable mais je m'en fiche pas mal, l'essentiel est ailleurs. Surtout, dans le faux-plat montant suivant, je peine à relancer et je mets beaucoup plus de temps que ce que je pourrais faire en étant en pleine forme. Jouer les segments et bien avancer sur toute l'étape ne sont pas compatibles pour moi.

On retrouve ensuite une longue portion descendante que j'apprécie plutôt avec quelques lacets et du chemin relativement étroit par moments. Et vers le bas de la descente, on attaque le premier segment descendeur de la semaine, 1,8 kilomètres à -24% de pente moyenne ! Un secteur annoncé très technique. J'aime ça alors sans le jouer vraiment, après 1 heure 54 minutes et 40 secondes de course pour environ 13 kilomètres, j'engage quand même bien sur le segment en dépassant du monde. Malheureusement, je subis un peu les impacts au sol avec quelques réceptions un peu lourdes, la caillasse me fait mal. Je vais "vite" mais je ne suis pas parfaitement maître de mes trajectoires et surtout de mes poses de pied, ce qui va me coûter très cher pour tout le reste de mon Défi de la Muzelle !

En effet, je fais une vraie belle descente en 8 minutes et 45 secondes, 5ème temps ! Cependant, je le ressens très vite, cela génère un début d'ampoules sous mes deux pieds, à l'arrière, sous les talons. Très mauvaise nouvelle avec tout ce qu'il me reste à parcourir aujourd'hui et surtout, les deux derniers jours de compétition. Je profite bien du ravitaillement à Cuculet au bout de 15 kilomètres mais je sais que les choses vont se corser fortement désormais.

Je souffre sur la relance sur la route, pas à l'aise sur la pose de mes pieds. Cela ne me gêne pas trop pendant les 1,5 kilomètres suivants qui sont pour autant un enfer avec 400 mètres de dénivelé positif à avaler, une pente atroce en fin d'étape, en sous-bois, après un parcours aussi difficile. C'est une relativement petite étape vu la distance et le dénivelé mais elle va laisser de sacrées traces, celle-là ! Même si ce n'est pas douloureux, ma cheville a presque doublé de volume après la piqûre de guêpe de la veille.

On rejoint ensuite le Lac de la Buissonnière et alors que nous avons parcouru 19 kilomètres pour 20 annoncés à la base, la bénévole nous indique qu'il ne reste "que" 2 kilomètres... Je m'y attendais à ce qu'on ait finalement 21 kilomètres car il me semblait bien que c'est ce qui était indiqué au départ malgré les informations "contradictoires" du briefing. Je suis alors 119ème après 2 heures 51 minutes et 32 secondes.

Crevé de cette étape très exigeante où les deux segments sur lesquels je me suis employé m'ont coûté très cher en énergie et en état de forme physique et général, je termine cette étape au ralenti sur les deux derniers kilomètres peu pentus mais plutôt montants. Je franchis péniblement la ligne d'arrivée en 137ème place au bout de 3 heures 08 minutes et 50 secondes. Il est loin le top 100 de la veille. Je comprends alors que les deux prochaines étapes vont être difficiles et qu'il n'y a bien que les segments sprint que je vais pouvoir jouer, en espérant être en mesure de continuer de rivaliser avec les premiers du classement car le podium va être vraiment très difficile à atteindre même si j'ai fait une très bonne opération sur cette étape. Je remonte à la 5ème place et je me rapproche largement des 3 coureurs qui me précèdent. Sur les 344 partants ce matin sur le Grand Défi, il y a 337 finishers aujourd'hui.

Après le ravitaillement, je décide d'aller voir les secours pour savoir s'ils ont quelque chose pour ma piqûre de guêpe puisque ma cheville a bien gonflé et rougi. Ils me donnent un cachet. Pour les ampoules, il n'y a pour le moment rien à faire à part les protéger car elles ne sont pas encore complètement faites...

[21 au 25/07/2025] Défi de la Muzelle
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Etape n°3 : Lunaire Jandri 3200

21 kilomètres / 1300mD+

Après une bonne journée de repos où nous sommes allés pique-niquer au Lac de la Buissonnière avec mon frère avant de regarder tranquillement le Tour de France, j'assiste au briefing du mercredi soir. Sur le papier, c'est une étape très semblable à la deuxième (même distance et dénivelé) mais ça n'a en fait rien à voir car c'est beaucoup moins technique mais en revanche, le départ se fait à 3200 mètres d'altitude (tout comme l'arrivée), où il fait évidemment très froid de bon matin.

C'est donc dans une ambiance bien fraîche que nous arrivons vers 8h00 au Jandri. On aide à monter les boissons que nous aurons au ravitaillement d'ici quelques heures avant d'attendre au-dessus des nuages que tout soit installé. Contrairement aux deux jours précédents où le départ a été donné à 9h00 pétante, cette fois, il y a un peu de retard au démarrage mais nous nous élançons à 8h38 (au lieu de 8h30). Je me fais un peu piéger en me plaçant en troisième ligne au début sauf que tout le monde s'est mis dans le mauvais sens donc quand on se repositionne, je me retrouve plutôt vers la cinquième ligne. 

Aujourd'hui, évidemment, on attaque par de la descente, logique vu l'altitude à laquelle nous nous trouvons. Je pars très prudemment, le dessous des pieds bien pansé. Le sprint est très très tôt aujourd'hui puisqu'il est positionné au bout de 3 kilomètres donc il faut à la fois que je m'échauffe bien et en même temps, il faut que je garde un maximum d'énergie. C'est dur car j'ai beaucoup de mal à respirer, pas habitué à courir à 3200 mètres !

Après 3 kilomètres de course, on passe donc le Lac de Serre-Pallas afin d'attaquer le segment sprint du jour après 14 minutes et 01 seconde d'effort. Je me donne à nouveau à fond mais je suis surpris qu'il débute en descente alors que je sais que nous avons 500 mètres à parcourir à 0% de pente moyenne. Bon, tant pis, je dévale bien avant d'être gêné par la forte densité de concurrents dans la portion plate du creux du segment et je suis complètement lactique au moment de remonter vers la très difficile fin de sprint ! Cela m'a bien coupé les jambes ! Quand le premier jour, je récupérais tranquillement en trottinant puis le deuxième en marchant... Cette fois, je suis contraint de m'arrêter complètement pour récupérer et je ne suis pas le seul. D'ailleurs, le vainqueur du segment de l'étape n°2 finit juste après moi, dans le même état que moi ! C'est aussi le vainqueur du jour, une toute petite seconde devant moi ! Je suis donc 2ème en 1 minute et 24 secondes ! Une très bonne opération pour moi vu les écarts minimes entre chacun.

Cependant, cet effort très violent me coûte à nouveau très cher puisque je mets facilement 3 kilomètres à récupérer, complètement lactique. Obligé de marcher en descente ou d'avancer au ralenti. Et un peu plus tard, je me rends aussi compte que pendant le sprint, j'ai perdu ma flask rempli de 500mL d'eau avec la pastille d'électrolytes. Une flask que je ne récupérerai malheureusement jamais, un concurrent l'ayant récupérée et probablement gardée...

Je me sens enfin un peu mieux au bout de 6 kilomètres de course, je commence à bien relancer sur un passage qui me plaît bien. On sort des larges pistes de ski pour emprunter des chemins plus herbeux, j'apprécie. C'est là que débute le segment descente que je ne joue pas du tout aujourd'hui, n'ayant pas du tout suffisamment récupéré du sprint et n'ayant pas envie d'aggraver mes ampoules. En plus, le chemin est étroit et je suis gêné par d'autres concurrents moins rapides que moi sur ce passage que j'aime bien. Arrivé à Pierre Grosse au bout de 35 minutes et 40 secondes de course, je parcours les 1,1 kilomètres à -16% de pente moyenne en 5 minutes et 03 secondes, 80ème temps.

Après une portion assez roulante mais un peu technique sur le bas du parcours, on attaque la remontée vers Jandri au niveau du Lac du Plan, vers le kilomètre 11. Après mardi, nous sommes de retour au Diable pour le ravitaillement du kilomètre 12 dont je profite bien et où je demande si par hasard personne n'a déposé ma flask. C'est en repartant de ce ravito qu'un coureur qui m'a entendu me dit avoir vu quelqu'un récupérer une flask perdue pendant le segment sprint. J'ai alors bon espoir de la récupérer à l'arrivée ou à la station mais en vain.

La montée vers Tête Moute est ensuite assez linéaire et usante avec une fin de grimpette particulièrement raide et caillouteuse. Croiser les concurrents qui nous devancent qui redescendent est moyennement satisfaisant car on sait qu'on doit monter tout ça pour ensuite le redescendre mais c'est le jeu. On fait donc un aller-retour à Tête Moute avec le segment grimpeur sur 300 mètres à 24% de pente moyenne. Je ne jouais déjà pas les segments les jours précédents mais alors là, c'est encore moins dans mes cordes. Je mets 5 minutes et 50 secondes pour parcourir ces 300 mètres après 1 heure 51 minutes et 15 secondes de course, 237ème temps !

Par contre, je fais ensuite une belle descente même si je suis contraint de courir au maximum sur l'avant des pieds pour solliciter le moins possible le dessous de mes talons où mes ampoules se sont bien développées depuis mardi. Et que la portion jusqu'à la Toura me semble longue aujourd'hui. Je suis fatigué et le ravitaillement a été reculé de près d'un kilomètre, placé au kilomètre 18 au lieu du 17, près du Lac Noir. Je n'ai que de l'eau et des aliments dont je n'ai pas hyper envie donc il me tarde vraiment d'y arriver. J'y suis au bout de 2 heures 43 minutes et 33 secondes d'effort, en 201ème position ! Je subis vachement la course malgré une forme plutôt convenable. 

Je profite vraiment bien du ravitaillement, il ne nous reste plus que 3 kilomètres à parcourir, le plus dur est largement fait surtout qu'on voit bien vers où on va. La vue est très belle, les bénévoles toujours aussi disponibles et accueillants, c'est génial. Je souffre mais je prends aussi beaucoup de plaisir et on échange de plus en plus avec les concurrents qui nous entourent. La fin de course est assez pénible mais je grimpe très correctement le D+ restant, moins raide, plus favorable pour moi. 

Je rejoins l'arrivée après 3 heures 16 minutes et 47 secondes de course, 205ème du jour sur 341 partants mais seulement 330 finishers. Je mange une bonne part de pizza au ravito d'arrivée mais je n'y reste pas longtemps car il est parfaitement l'heure d'aller manger et ça me fait beaucoup de bien de me poser au restaurant situé là-haut. J'ai mal au crâne (les effets de l'altitude, de la fatigue et du lactique) mais que le repas est bon et le cadre sympa et agréable. On redescend ensuite tranquillement à la station pour que j'aille me reposer. Je ne parviens pas à dormir l'après-midi, je conserve mon mal de crâne jusqu'au soir mais il disparaîtra heureusement pendant la nuit.

En fin d'après-midi, je me rends cette fois au briefing surtout que j'ai reçu un message m'indiquant que je suis attendu pour les podiums ce soir ! En effet, j'ai fait une nouvelle belle remontée au classement des sprinteurs grâce à ma deuxième place du jour. Cela reste extrêmement serré et tout va se jouer sur la dernière étape mais je remonte à la deuxième place du classement et récupère le dossard de leader du sprint car le premier du classement cumule avec le leadership du classement des descendeurs. Je vais donc porter le dossard vert en plus de mon dossard noir classique sur l'étape reine de demain !

[21 au 25/07/2025] Défi de la Muzelle
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Etape n°4 : Les Lacs des Ecrins

29 kilomètres / 2500mD+

La der et pas des moindres, un programme bien copieux pour cette dernière étape avec un dénivelé très conséquent et un décor sublime dans le majestueux Parc des Ecrins où bien peu d'épreuves se déroulent chaque année. C'est le départ le plus tôt de la semaine, à 7h00.

Je le sais, ma course se joue essentiellement sur les premiers kilomètres puisque nous démarrons d'entrée de jeu par une longue descente puis le segment sprint au bout de 5 kilomètres, là où je joue tout ce que j'ai bâti depuis le début de la semaine.

Je pars donc en première ligne, surtout que je porte un dossard distinctif mais je me laisse rapidement dépasser par tous ceux qui partent fort et pour le coup, ça part vraiment vite ce matin alors que de mon côté, j'appréhende pas mal la difficulté de cette étape vu mon état en cette fin de semaine.

Au bout de moins de 2 kilomètres de course, on attaque la descente des ardoisières, une descente en lacets comme je les aime bien qu'un poil trop pentue pour moi. Un segment descendeur de 1,5 kilomètres et -26% de pente moyenne sur lequel je déboule après seulement 7 minutes et 48 secondes d'effort. Je mets 11 minutes et 10 secondes à descendre, en gérant pour ne pas me faire mal, garder de l'énergie pour le sprint et laisser passer tous ceux qui jouent la descente. 92ème temps du jour, 47ème descendeur au global des 3 segments de la semaine. Je suis généralement plutôt bon descendeur mais je ne pouvais pas vraiment m'amuser à jouer les segments ce coup-ci, c'était trop risqué pour mes pieds vu les conséquences de ma descente bien engagée le deuxième jour.

Je continue de descendre avec prudence et c'est au bout de 5 kilomètres et 30 minutes et 25 secondes de course, au Vénéon, que je donne tout sur les 600 mètres à -4% de pente moyenne du dernier segment sprint de la semaine ! Je donne tellement tout que je sens que mes pieds prennent vraiment cher mais tant pis, je n'ai pas fait tous ces efforts pour rien ! En plus, j'ai le vainqueur des segments des deux étapes précédentes en ligne de mire et je vois bien que je vais à la même vitesse que lui ! Comme la veille, on se retrouve juste après le segment, exténués par nos efforts. Et comme la veille, il l'emporte avec une toute petite seconde d'avance sur moi ! Je suis à nouveau 2ème en 1 minute et 47 secondes. Mais l'excellente nouvelle, c'est que ça me permet de rester devant lui au classement (il échoue malheureusement à la 4ème place à 1 point du podium malgré 3 premières places, à cause de son raté du premier jour) ! Je suis à nouveau devant le leader Yves (Dijon Singletrack) mais il reste 1er au classement (11 points). Je suis 2ème (13 points) juste devant Guillaume (Groupe Courir à Lyon - 14 points) et donc Julien (Chateau-Gontier - 15 points). Le local Maxence termine pas loin aussi avec 18 points.

Je relance tranquillement sur les deux kilomètres suivants qui mènent au premier ravitaillement, à la Danchère, après 8 kilomètres de course. Je profite bien du ravito car je sais que le suivant est dans très longtemps puisqu'il n'y en a pas sur les 15 kilomètres que nous faisons dans le Parc des Ecrins. Je sors aussi ma flask que j'avais cette fois bien gardé dans la poche fermée du sac pour être sûr de ne pas la perdre comme celle de la veille. Et surtout, inquiet de souffrir autant de mes pieds si tôt dans la course après un sprint douloureux, je me pose pour retirer mes chaussures et mes chaussettes et voir l'état de mes talons... Aïe, les pansements ont bougé, je saigne des deux ampoules. Au moins, maintenant, elles sont percées. Mais je risque d'en baver sur la suite de l'étape, heureusement que j'attaque deux bonnes heures de montée.

C'est simple, de la Danchère au Col du Vallon, ce sont 7 kilomètres de montée quasiment non-stop. Et j'adore cette montée ! Une ascension plutôt régulière, pas trop raide avec un beau chemin et quelques grosses pierres. Je prends vraiment beaucoup de plaisir surtout que je ne souffre pas trop. Je m'arrête à un moment pour m'hydrater et arrêter de me sentir sous la pression de ceux qui me suivent, pour vraiment profiter. Je laisse ainsi passer un groupe d'une grosse dizaine de concurrents. J'en laisserai ensuite passer quelques autres avant de me retrouver dans la situation inverse, calé derrière un groupe qui ne va pas assez vite pour moi mais ça m'arrange, ça me permet de rester vraiment très raisonnable et de récupérer complètement d'un début d'étape assez intense quand même.

Je reste ainsi pendant longtemps derrière ce petit groupe de 5 concurrents, dans la montée qui suit le Lac du Lauvitel, magnifique. Surtout qu'on le voit pendant plusieurs kilomètres en contre-bas, on peut vraiment l'apprécier ! Je finis par dépasser ce petit groupe et revenir progressivement sur d'autres concurrents un peu à la peine. J'en double quelques-uns, une dynamique qui fait plaisir. Je finis par rattraper deux filles dont une qui fait malheureusement une chute sur une pierre à un moment assez anodin. Elle s'est bien cogné la hanche même si ça va. On finit par arriver au Col du Vallon, après plus de 2 heures de montée mais je me sens bien. Je me ravitaille, utilisant pour la première fois de la semaine la nourriture que j'ai emportée avec moi.

Et c'est parti pour 8 kilomètres de descente, la partie de la course que je crains évidemment le plus aujourd'hui ! Normalement, c'est en montée que je suis le moins bon mais vu l'état de mes pieds, j'ai peur de ces 1600 mètres de dénivelé négatif. Heureusement, le début de la descente est en ma faveur, très technique, ça serpente beaucoup. Je sers les dents, j'adore ce type de descente donc je me fais plaisir en doublant quelques concurrents mais en restant très prudent. En revanche, sur le bas de tous ces lacets, c'est plus douloureux dans la grosse caillasse où les appuis sont moins évidents. Et les relances moins pentues ne sont pas aisées.

On arrive assez vite au Lac de la Muzelle, très joli aussi mais mon coup de coeur va pour le Lauvitel. Par contre, point très positif, on peut y remplir nos flasks d'eau, une très bonne nouvelle à encore 7 kilomètres du prochain ravitaillement. Un peu d'attente, on fait la queue mais ça vaut le coup et surtout, je ne suis pas pressé, je suis dans les temps et le classement de l'étape et général final m'importent bien peu. L'essentiel, c'est de finir et d'avoir tout donné sur les sprints. Plaisir avant tout désormais et les quelques kilomètres à venir vont être mitigés.

D'abord, je suis content d'avancer assez efficacement sur une longue portion assez roulante. J'ai en point de repère une féminine pas loin devant avec qui je rivalise bien malgré ma descente sur l'avant des pieds, ce qui est loin d'être confortable. Ensuite, je finis évidemment par le subir beaucoup plus au fil des kilomètres, ce sont quand même 8 très longs kilomètres dont 4-5 bien pénibles sur la fin. Je souffre, je suis très prudent et je me fais beaucoup doubler désormais, ce n'est pas agréable. Je double quand même un concurrent mais il est en souffrance, ce n'est pas si positif.

Je commence vraiment à en avoir marre de descendre sur la fin, j'ai hâte d'en terminer. Je finis par retrouver mon frère qui est descendu en marchant jusqu'à Venosc et a continué un peu son chemin en sens inverse de la course. Il me demande si je vais aller à cette vitesse tout le long et je lui dis clairement que oui, il peut m'accompagner pour une fois ! Ce sont enfin les derniers mètres de la descente, on aborde une petite portion de route pour rejoindre le ravitaillement. Je marche dans les faux-plats montants, ce qui permet de discuter avec Nico et qu'il mange son sandwich... Et je relance sur le plat mais piano piano !

On arrive enfin à Venosc, kilomètre 24, 198ème en 5 heures 05 minutes et 31 secondes, le plus dur est fait ! Il reste à peine 5 kilomètres et c'est quasiment que de la montée, ce qui me fait étrangement plaisir, moi qui pense d'habitude le contraire. C'est peu dire que je profite bien de ce dernier ravito en course, surtout de la pastèque et des boissons ! Et c'est parti pour l'ultime ascension. Le début est très pénible car c'est du bitume, des pavés, de la pente très raide, je n'avance pas là-dedans et mon frère n'a pas de mal à me suivre. Je subis jusqu'à ce qu'on rejoigne le chemin et le début du segment grimpeur ! Le dernier de la semaine ! 400 mètres à 20% de moyenne, les marches du Fartail ! Je les franchies au bout de 5 heures 17 minutes et 52 secondes de course en 8 minutes tout pile, 193ème temps. Je finis 167ème au classement global des segments grimpeur.

Et c'est à partir de là que débute une belle remontée d'une grosse dizaine de places, si ce n'est plus. Dans toute la partie montante en lacets, je me sens super bien et plus personne ne me rattrape tandis que je double pas mal de concurrents. J'ai un rythme très régulier, je me suis bien économisé aujourd'hui à cause de la douleur donc je suis encore en relativement bonne forme. Je largue définitivement mon frère qui ne peut plus suivre ainsi que plusieurs coureurs. Une belle montée finale qui me permet de pointer à la 190ème place à l'Alpe de Venosc au bout de 5 heures et 56 minutes de course.

Je rejoins alors un coureur de Dijon qui relance un peu avant moi mais je l'interpelle pour savoir si ça lui dit qu'on avance ensemble jusqu'à l'arrivée car je sais que tout seul, je n'aurai aucune envie de courir mais si je suis avec quelqu'un, je peux essayer de l'accompagner. On sympathise et on papote pendant deux bons kilomètres en trottinant à allure très potable après une telle semaine puis il finit avec son fils et ses potes de club tandis que je franchis la ligne juste devant eux, 185ème après 6 heures 07 minutes et 30 secondes. Quelle sacrée dernière étape, assez incroyable ! J'ai pris beaucoup de plaisir malgré tout, c'est la plus belle des quatre à mes yeux. J'ai aussi beaucoup souffert mais quelle aventure !

Il y a seulement 309 finishers (40 abandons) à l'issue de cette ultime étape dont 8 coureurs qui ont fait le choix de prendre le téléphérique à Venosc pour s'éviter l'ultime ascension (c'était autorisé avec pénalité de 3 heures au classement). C'est une vraie très belle épreuve, superbement organisée. Un concept génial, des segments grimpeur, sprinteur et descendeur au top. De très belles animations, tant pour la course en elle-même que pour les accompagnants et tout ce qu'il y a autour. Une superbe ambiance, des ravitaillements et des bénévoles au top du top. Je recommande +++ ! Et le coin vaut vraiment le détour !

Au final, je termine 150ème sur 349 partants au classement général en 16 heures 19 minutes et 09 secondes pour un tout petit peu plus de 100 kilomètres et 6500 mètres de dénivelé positif, très heureux de prendre la 2ème place du classement des sprinteurs (et d'ainsi gagner un saucisson !), 47ème descendeur et 167ème grimpeur. Une nouvelle expérience incroyable !

[21 au 25/07/2025] Défi de la Muzelle
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Un très grand merci @pierregouineau, @alizebonmort et mon frère pour les photos !

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