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Mes expériences sportives

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Courses à pied, tournois de Badminton & récits en tous genres


[20 au 24/07/2026] Défi de la Muzelle

Publié par David Gueudet sur 20 Juillet 2026, 11:53am

Catégories : #COURSE À PIED

[20 au 24/07/2026] Défi de la Muzelle

Plus d'un mois après le Villepa'Trail, il est enfin temps de reporter un dossard ! La fin de saison a été perturbée par les alertes canicule avec l'annulation de trois courses auxquelles je devais participer en Seine-et-Marne. Un coup d'arrêt qui m'a aussi incité à courir beaucoup moins, une demi-coupure avec toujours pas mal de vélo-boulot et quelques rares sorties course à pied peu intenses avec la chaleur de la fin juin.

Comme l'an dernier, je profite de deux semaines de vacances au mois de juillet pour enchaîner une semaine de bénévolat sur l'Ut4M et le fameux Défi de la Muzelle aux Deux-Alpes. Pour la sixième fois depuis 2018, je suis venu sur Grenoble une semaine afin d'aider au Pôle Parcours en en profitant pour faire quelques missions en montagne bien sympas, une sorte de stage Rando/Trail pour la bonne cause.

Pas moins de 96 kilomètres et 6800 mètres de dénivelé positif sur les chemins du Vercors (balisage de Lans-en-Vercors à Vif le mercredi puis serre-file du côté de Saint-Nizier-du-Moucherotte jeudi en passant par le Moucherotte et le Pic Saint-Michel), du Taillefer (serre-file de Saint-Georges-de-Commiers à Laffrey vendredi matin) et de Belledonne (ouvreur de la Croix de Chamrousse au Col de Pré Long dans la nuit de vendredi à samedi et serre-file de Rioupéroux à la Croix de Chamrousse samedi).

Ensuite, direction les Deux-Alpes pour la troisième fois en un an après ma découverte du Grand Défi de la Muzelle l'été dernier et des Lumières de la Muzelle en janvier. Cette fois, j'ai tenté le tirage au sort du Petit Défi de la Muzelle et ça a payé ! J'y viens donc sans objectif particulier autre que de prendre du plaisir et d'envoyer un peu plus sur les étapes entières, ce que je n'ai pas vraiment pu faire sur le Grand Défi l'an dernier tant les parcours sont difficiles, d'autant plus que je jouais le classement de meilleur sprinteur (avec la grande satisfaction de boucler les 4 étapes en deuxième position de ce challenge !). 

Ce format par étapes, je l'affectionne grandement même s'il est très exigeant. Que ce soit sur le 80 Challenge (4x20) de l'Ut4M en 2021 ou le Défi de la Muzelle de l'an dernier, j'y ai rencontré quelques difficultés physiques mais c'est ce qui donne du vrai challenge et du piquant à la course ! Cette année encore, j'y arrive sans entraînement au dénivelé donc je sais que je vais souffrir mais je suis un peu obligé de revoir mes ambitions à la hausse quand l'organisation publie une liste des favoris des différents formats ! Sur le petit défi, 3 noms se dégagent largement mais ensuite, je suis affiché avec une petite étoile qui peut me laisser espérer approcher le top 10... Je sais que ce sera très compliqué mais ça ne coûte rien d'essayer ! Un top 20 serait déjà très cool !

Nous arrivons aux Deux-Alpes avec mon frère le dimanche qui précède la semaine de la course. Je récupère ainsi mon dossard (le 1125 !) et on profite directement de l'ambiance de la course avec le briefing le soir-même et un bon petit resto dans la foulée ! Départ de la première étape à 9h15, pas de problème pour regarder la finale de la Coupe du Monde dimanche soir malgré l'absence de l'Equipe de France et un sommeil un poil limité après l'intense semaine Ut4M.

[20 au 24/07/2026] Défi de la Muzelle
[20 au 24/07/2026] Défi de la Muzelle

Etape 1 : La crête de Pied Moutet

15 kilomètres / 720mD+

Sur le papier, cette première étape est la plus roulante des 4, celle qui a le ratio distance / dénivelé le moins hard et en plus, des chemins peu techniques. Cette année, contrairement à 2025, il n'y a pas eu de pluie dans la nuit du dimanche au lundi donc les conditions sont idéales, grand beau temps et des températures plutôt clémentes. Comme prévu, on part bien sur les coups de 9h15 à l'assaut de la montée à la Troïka ! Les deux principaux favoris sont facilement identifiables sur la ligne de départ et dès les premiers mètres, ils prennent les devants.

De mon côté, le démarrage n'est pas des plus simples, les jambes sont bonnes mais je me sens vite dans le dur au niveau respiratoire. Il faut dire que je n'ai pas l'habitude de courir à cette altitude et même si j'ai fait une semaine dans les massifs autour de Grenoble, je n'ai jamais couru à ce rythme-là que je ne pratique plus vraiment depuis plusieurs semaines et que j'ai habituellement à basse altitude sur les chemins de Seine-et-Marne.

Je laisse donc partir une bonne dizaine de concurrents avant de stabiliser ma position à proximité d'un groupe dans lequel figurent les deux premières féminines. Pendant les 6 premiers kilomètres assez roulants de ce début de course, je fais le yoyo avec les trois premières filles et quelques coureurs du top 20 de l'étape. Je sais que je dois profiter de ce début d'étape plutôt favorable avant d'attaquer la longue montée qui ne sera pas mon terrain de jeu privilégié. J'ai confiance dans la partie finale descendante même si j'ai le sentiment d'avoir un peu perdu de mes qualités de descendeur ces derniers temps donc je m'accroche.

Les premiers kilomètres sont effectivement très roulants par rapport à tout le reste de la course mais ça reste bien plus exigeant que les chemins que j'ai l'habitude de parcourir vers chez moi. On est loin de la piste de Lagny et des Bords de Marne bitumés ! En plus, les premiers kilomètres sont tout de même plutôt en montée donc je m'efforce de courir un maximum mais je puise déjà pas mal en énergie. Je me sens mieux dans la longue partie descendante qui nous amène au pied de l'ascension du jour.

Je reprends progressivement quelques coureurs dans la descente puis le début de la montée et me retrouve semble-t-il à ma place pour aujourd'hui puisque les positions se stabilisent bien désormais. Les deux premières féminines prennent le large tandis que je côtoie pendant toute la montée la troisième qui est davantage en gestion dans la côte mais semble être une bonne descendeuse. Assez rapidement, on retrouve le parcours du Grand Défi donc ça donne l'occasion de doubler du monde, d'être moins seul et d'être sur une bonne dynamique même si je perds un peu de vue les coureurs du Petit Défi. Les coureurs du Grand Défi, ils sont partis 1h15 avant nous mais sont descendus bien plus bas et ont donc une montée bien plus longue que la nôtre. 

Pendant la majeure partie de la montée, je trouve un bon rythme de marche et j'essaie de relancer dès que ça s'aplanit davantage. J'espérais courir un peu plus dans cette ascension mais c'est trop dur donc je gère. J'arrive au niveau du début du segment grimpeur au bout de 40 minutes et 22 secondes d'effort, 16ème au classement. Je ne cherche pas à accélérer sur le segment mais je continue de bien avancer et prend anecdotiquement la 38ème place sur la portion, ce qui est bien mieux que mes classements du grand défi l'an dernier. Fin du passage après 46 minutes et 07 secondes de course (5'44 sur le segment, environ 1'30 de moins que l'an dernier), toujours 16ème.

On poursuit encore quelques temps la montée ombragée dans les bois avant d'atteindre la partie plus exposée où on voit bien l'objectif à venir mais il reste quelques lacets à franchir. Je décide de ne pas courir tous les passages moins pentus mais seulement certains, quand j'ai récupéré un peu plus de souffle. Je fais une fin de montée correcte et j'arrive alors dans le fameux segment sprint déjà parcouru l'an passé (avec une 6ème place en 1'08, 1'21 sur le segment Strava). J'y arrive un peu emprunté des efforts consentis jusque-là mais je décide de tenter d'accélérer quand même pour me relancer sauf que je sens vite que je manque clairement d'énergie. Je n'avance pas. Je prends quand même la 8ème place du classement des sprinteurs mais en 1'51 (1'55 sur le segment Strava), loin de l'allure de l'an dernier. 

A la sortie du secteur, je suis 15ème de la course après 1 heure 07 minutes et 27 secondes de course. Dernière montée pour atteindre la Troïka, je récupère un peu et je profite des encouragements de tous les accompagnants présents pour relancer un peu plus tout en rejoignant mon frère également présent ici. Je le préviens que je ne vais pas m'arrêter au ravitaillement et je trace ma route quand je passe à côté car il ne reste que la descente à parcourir et je n'ai pas consommé tout ce que j'avais pris avec moi, ayant simplement bu quelques gorgées de mes flasks de 250mL remplies d'eau et d'une demi-pastille d'électrolytes chacune.

J'attaque la descente avec pas mal de motivation et je double rapidement la deuxième féminine de la course (qui était en tête avant le ravitaillement), peu après la bifurcation avec le grand défi. A l'aise dans une partie un poil technique, j'avance bien et je rejoins progressivement un autre coureur puis la première féminine et un autre coureur à proximité. Je les double et serre les dents pour garder un bon rythme dans cette descente plutôt facile et rapide. Je sens que les dessous de talons commencent à chauffer gentiment mais on arrive déjà en bas.

Je suis particulièrement efficace dans les différentes sections d'escaliers à descendre, ça fait du bien avant de buter un peu sur quelques petites remontées sur le bitume des Deux-Alpes. Les deux derniers kilomètres sont longs car moins favorables, je sens que j'accuse le coup de la bonne descente réalisée mais je fais l'effort pour garder ma place et je reviens même tout près du 10ème sans parvenir à le rattraper. Je franchis la ligne d'arrivée en 11ème position sur 279 partants en 1 heure 34 minutes et 32 secondes, 5ème senior masculin.

Place à la récupération désormais, je profite du ravitaillement mais je ne m'éternise pas car je me sens bien fatigué, je file au logement prendre une bonne douche et me poser avant de resortir pour manger une petite heure plus tard.

📷 Cyrille Quintard

📷 Cyrille Quintard

📷 Nicolas et Alizé Bonmort
📷 Nicolas et Alizé Bonmort

📷 Nicolas et Alizé Bonmort

Etape 2 : Le Diable

12 kilomètres / 780mD+

Après avoir bien récupéré lundi après-midi, en en profitant pour aller mettre les pieds dans le Plan d'eau de la Buissonnière, je suis d'attaque au départ de la deuxième étape, à 9h45. Aujourd'hui, la partie roulante de début de course est plus de trois fois plus courte qu'hier, ce qui n'est pas forcément à mon avantage puisque l'on va rapidement arriver dans la partie qui m'est la moins favorable, la montée.

Les deux premiers kilomètres permettent donc de bien étirer le peloton et contrairement à la veille, je joue un peu plus devant aujourd'hui, près du top 10 et devant les filles mais c'est de courte durée. En effet, dès que nous arrivons dans la montée, je calme le jeu, me souvenant de la difficulté de cette ascension. Je perds quelques places mais je préfère garder de l'énergie vu ce qui nous attend. Et tout le long de la montée, ce sont les quatre premières féminines de la course qui vont me dépasser, entre autres. J'ai fini juste devant elles hier, ça va être compliqué de les accrocher aujourd'hui, tout va dépendre de la descente mais elles se livrent une sacrée bataille.

J'en bave bien pendant toute la montée mais je trouve que je limite plutôt bien la casse, restant dans le top 20 du peloton quand j'étais au-delà du top 100 sur le Grand Défi l'an dernier. Après quelques kilomètres très irréguliers entre des zones de replat permettant la relance et des passages bien plus raides, on arrive ensuite peu après le quatrième kilomètre dans une portion de deux kilomètres interminables à près de 30% de pente moyenne, ça pique.

Peu de concurrents ont dû jouer le segment grimpeur puisque je termine étonnamment à une correcte 32ème place dans ces atroces pourcentages. 8 minutes et 51 secondes pour parcourir les 500 mètres à 28% de pente moyenne, un peu moins d'une minute de mieux que sur le même segment l'an dernier. 18ème au début du segment après 49 minutes et 40 secondes de course, j'en sors 20ème après 58 minutes et 31 secondes.

Comme lors de la première étape, je bascule désormais dans la phase de course qui me convient le mieux, je relance sur quelques mètres après avoir retrouvé mon frère puis je passe la dernière bosse avant de zapper le ravitaillement malgré le fait qu'il n'y ait quasiment personne cette fois-ci puisque nous rattrapons seulement les derniers du Grand Défi partis 45 minutes avant nous quand nous étions hier à la Troïka en plein milieu du peloton.

Comme hier, le début de la descente n'est pas facile à gérer au niveau respiratoire, d'autant que nous sommes montés encore plus haut en altitude aujourd'hui, à plus de 2400 mètres. On descend tranquillement au lac du Plan sur une piste très large qui permet de dépasser sans problème les concurrent(e)s du Grand Défi et je double également un coureur du Petit Défi pour commencer ma (petite) remontée. J'arrive ainsi en 18ème position au segment sprint (officiellement mais 19ème en réalité, un coureur ayant dû passer trop à droite du capteur pour être pointé) après 1 heure 08 minutes et 18 secondes de course. Là aussi, comme hier, j'y arrive bien plus entamé que l'an passé où je prenais le temps de souffler et marcher avant de sprinter. Là, je ne perds pas de temps et je le joue sans me mettre minable car le but est de pouvoir poursuivre mon effort après.

Malgré de grandes enjambées et du rythme sur les 700 mètres à 7% de pente descendante, je mets plus de 30 secondes de plus que l'an dernier où j'avais envoyé fort en bouclant le segment en 2 minutes et 15 secondes, 10ème meilleur temps. Je ressors du segment en 18ème place puisque j'ai doublé un coureur du Petit Défi, celui qui a pourtant fini 4ème de la première étape. 1 heure 10 minutes et 34 secondes d'effort.

On attaque ensuite la Descente des Myrtilles après un léger crochet pour contourner une zone de travaux et je reviens progressivement sur un premier concurrent qui me laisse gentiment passer en anticipant mon retour. Je sens que ça commence à nouveau à chauffer sous mes pieds mais j'aime beaucoup ce type de descentes en lacets donc j'envoie comme hier et on fera le point après. Je reviens encore sur un autre coureur qui me laisse lui aussi passer en me complimentant sur ma descente, merci à lui !

Je poursuis mon effort pour rattraper la première fille de la première étape, 4ème aujourd'hui. Je la rejoins dans le bas de cette descente mais elle relance fort dans une partie plus pentue que je gère plus tranquillement pour ne pas me faire mal. La fin de course n'est pas celle qui était prévue, au lieu de finir la redescente sur une portion d'un kilomètre plus progressive, on termine par une pente plus sévère, dans la poussière ! Je termine juste derrière les deux concurrents qui étaient juste derrière moi à l'arrivée hier.

Je finis donc la deuxième étape en 16ème position après 1 heure 24 minutes et 26 secondes. 12 kilomètres et près de 800 mètres de dénivelé positif, c'était intense aujourd'hui et alors que je profite du ravitaillement d'arrivée, je ne tiens pas en place car mes dessous de pied me font souffrir, les ampoules se sont bien formées et brûlent presque autant qu'à la fin de la deuxième étape de l'an dernier alors que je ne suis pourtant pas descendu à Cuculet cette fois.

Malgré tout, je ne perds qu'une seule place au classement général puisque je reste juste devant les trois premières filles qui ont pourtant fini devant moi aujourd'hui sauf que les écarts se resserrent énormément. Et c'est Stéphane qui me passe devant alors qu'il était juste derrière moi hier. Je suis donc 12ème du classement général après 2 étapes soit quasiment 27 kilomètres et plus de 1500 mètres de dénivelé positif en 2 heures 58 minutes et 58 secondes.

[20 au 24/07/2026] Défi de la Muzelle
[20 au 24/07/2026] Défi de la Muzelle

Etape 3 : Objectif Jandri 3200

11 kilomètres / 720mD+

Jeudi, direction Jandri ! Après un jour de repos plus ou moins reposant (nous en avons profité pour faire une belle rando avec Nico de 17,4 kilomètres et 1250 mètres de dénivelé positif), il est temps de prendre de l'altitude avec un départ à 3200 mètres après une montée en télécabines. Déjà que la respiration n'était pas simple sur les deux premières étapes, là, ça se complique encore davantage. Je me souviens bien de l'étape du grand défi l'an dernier où je me suis vite retrouvé lactique après le sprint et un début de course où le souffle n'était pas facile.

Evidemment, là-haut, il ne fait pas aussi chaud que dans la station mais dans les zones abritées, il ne fait pas froid du tout, d'autant que le soleil nous accompagne comme depuis le début de la semaine. On assiste au départ du grand défi avant que ce soit à nous de nous élancer sur les coups de 9h10. Je me suis un peu échauffé pour ne pas partir à froid dans la descente qui nous attend dès le départ puisque contrairement aux deux premières étapes, aujourd'hui, on descend avant de remonter. 

Comme tous les jours, je me positionne plutôt en première ligne avant que les fauves ne prennent rapidement les devants dès le départ donné. Assez vite, je comprends que ça va être une étape compliquée puisque ça court très vite dans une descente abominable qui ne me convient pas du tout. J'aime quand c'est un peu technique, quand ça serpente... là, ce sont de grosses pistes caillouteuses bien larges, une descente de bourrins. Je ne suis pas à l'aise, j'avance plutôt bien mais je me retrouve rapidement loin du top 10, au-delà du top 20 pour la première fois de la semaine.

Je finis par rattraper un concurrent qui calme le jeu car il sent bien lui aussi que ça part trop fort. Je subis un peu moins le parcours quand ça s'aplanit davantage même si la zone du sprint est difficile. L'an dernier, je l'ai abordée après un début de course très tranquille donc j'avais envoyé fort dedans en parcourant les 500 mètres en 1'24. Cette année, le segment est un poil décalé donc encore plus dur d'après moi et je le passe sans le jouer en 2'07. Arrivé au début du segment après 11 minutes et 01 seconde de course (trois minutes de moins que l'an passé !), j'en ressors donc 22ème après 13 minutes et 08 secondes. 33ème temps sur le segment, je m'en suis véritablement totalement désintéressé, je n'ai même pas un peu accéléré comme lundi et mardi.

Je passe le kilomètre 5 en moins de 19 minutes et 30 secondes, soit plus de 15km/h de moyenne sur ce début de course ! De mémoire, je ne perds plus trop de places dans le bas de la descente, je crois même que je double quelques concurrents ou je leur reviens dessus mais évidemment, dès qu'on attaque la montée, ils reprennent le large. Surtout que le début de la remontée vers Jandri, elle est vraiment très raide, ce qui ne me convient pas. Je ne m'affole pas, je gère tranquille, ça prendra le temps que ça prendra... Je limite plutôt bien la casse jusqu'à ce que l'on retrouve une portion qui me convient mieux avec une belle relance vers le lac puis un passage assez technique au bord de celui-ci.

Je fais le yoyo avec plusieurs coureurs dont un qui m'est revenu dessus pendant un bon moment avant de lâcher ce dernier au passage au ravitaillement que je zappe comme tous les jours. J'en ai un peu marre de perdre des places alors que je suis déjà moins bien classé que les deux premiers jours. Alors certes le profil de l'étape ne me convient pas du tout mais quand même, je fais les efforts pour ne pas être dans les choux.

Allez, on attaque la dernière partie de l'étape, encore une longue remontée vers l'arrivée mais elle me convient mieux car elle est moins raide, plus sinueuse et on voit notre objectif final donc c'est du concret, on sait où on monte. Par contre, on voit aussi très bien tous ceux qui sont en chasse derrière nous et ça en fait du monde que je n'ai pas envie de voir revenir ! Je trouve que je fais une montée très correcte mais je continue à perdre du terrain par rapport à certains de mes poursuivants, c'est désespérant. Je relance dès que possible, ce qui me permet de revenir sur un de ceux avec qui je faisais le yoyo précédemment et qui a laissé s'échapper son compère. Il craque un peu et me félicite et m'encourage quand je le passe, un échange qui fait plaisir.

Ensuite, on reprend un ultime gros raidard qui fait bien mal et calme mes ardeurs, d'autant qu'un concurrent revient sur mes talons et plus encore, il recolle à ma hauteur au prix d'un bel effort dans la bosse ! Et c'est mon rival le plus direct au classement depuis lundi, celui devant qui j'ai terminé lundi et qui était devant moi mardi ! C'est lui qui a pris ma 11ème place au classement. Sur le replat (enfin, un sacré faux-plat montant), je relance assez fort pour voir comment il réagit et surtout pour bien finir cette étape compliquée. Relance payante puisqu'il finit par lâcher prise quand je continue à courir alors que la pente redevient plus sévère. 

Dans la toute dernière portion plus pentue, un autre coureur revient très fort à son tour, presque au sprint dans la montée ! Je ne cherche pas à rivaliser vu sa vitesse, il me passe mais il finit par s'arrêter pour marcher car le passage est quand même assez long. Du coup, les mains sur les genoux, je fais l'effort pour repasser devant et je relance une dernière fois pour rejoindre l'arrivée sans me faire redoubler. Un gros finish à 3200 mètres d'altitude, un effort qui essouffle bien comme il faut ! Mais je n'ai perdu aucune place depuis le sprint du kilomètre 3 et j'en ai même gagné une, je finis l'étape 21ème, aux portes du top 20, en 1 heure 16 minutes et 15 secondes.

Au classement général, je fais forcément une mauvaise opération puisque les trois premières féminines ont encore fait très fort aujourd'hui et finissent bien devant moi donc elles me dépassent toutes les 3. Je reste cependant 12ème homme et 5ème senior puisque je double le gars avec qui on est au coude à coude depuis le début du défi mais un jeune a fait fort aujourd'hui et me dépasse au général. 15ème au scratch, du coup, après 4 heures 15 minutes et 13 secondes d'effort.

[20 au 24/07/2026] Défi de la Muzelle
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Etape 4 : L'assaut de Venosc

10,5 kilomètres / 850mD+

Qu'ai-je à perdre aujourd'hui ? Une étape dont le profil me convient plutôt bien avec une descente assez technique, pleine de lacets, comme je les aime et une ascension finale que je connais bien, parcourue avec une bonne énergie l'an dernier en toute fin de grand défi et qu'on a à nouveau grimpée mercredi avec mon frère. Tout donner, me faire plaisir, ne rien regretter. Je suis 15ème du général, 12ème homme, c'est cool après 3 étapes, ça change de ma 150ème place de l'an dernier sur le grand défi où je ne jouais que les sprints... Mais maintenant, je n'ai pas spécialement d'intérêt à essayer de garder ma place ou essayer d'en grappiller, alors autant jouer !

Comme tous les jours, le départ est engagé et aujourd'hui, je trouve même que ça part très fort, comme hier mais sur un terrain bien différent puisque nous traversons d'abord une partie de la station sur un peu plus d'un kilomètre plutôt roulant. Devant, les deux premiers s'envolent à vitesse grand V, je ne les aperçois que quelques minutes à peine. Derrière eux, plusieurs coureurs sont en chasse mais dans le début de redescente en direction de la télécabine de Venosc, j'en double quelques-uns dont Mathis avec qui j'échange régulièrement depuis le début de la semaine et qui remarque bien que je suis davantage sur mon terrain de jeu là.

On attaque la descente des ardoisières et malheureusement, le segment descente annoncé n'y est pas. Je ne comptais pas le jouer mais vu la descente que je vais réaliser, j'aurais bien aimé savoir à quelle place je l'aurais fini car je pense que je jouais pas loin du podium pour une fois... Probablement pas la première place vu l'allure des trois premiers (les trois premiers du classement général, Henri en tête, suivi de près par Baptiste et Matéo 3ème, même si j'ai fait le début de descente avec lui et il ne me manquait pas grand chose pour l'accrocher dans la portion en lacets) mais peut-être bien le 4ème meilleur temps.

C'est simple, je me retrouve assez vite 6ème au début de la descente et je double Loïc avec qui je rivalise pour la première fois de la semaine. Je lui prends rapidement quelques longueurs et m'emploie pour réaliser une vraie partie de kiff à descendre sans douleur. Je fais évidemment attention à mes appuis vu l'état de mes dessous de pieds mais je prends vraiment beaucoup de plaisir avec la sensation d'aller vite. Alors, c'est beaucoup moins rapide que la descente du Jandri car c'est beaucoup plus technique mais mes sensations sont 100 fois meilleures... et mon classement aussi.

Dans le milieu de la descente, je rejoins Charles-Alexis et alors que j'allais plus vite que lui jusque-là en poursuivant Matéo, je calme quand même un peu le jeu car l'effort est très intense. Je pense que j'aurais pu passer assez vite Charles-Alexis et continuer de suivre Matéo mais cela m'aurait probablement coûté beaucoup en énergie... et en lucidité. Là, je maîtrise mes trajectoires, je ne prends pas trop de risques, c'est nickel. En plus, Charles-Alexis avance quand même très bien, il n'est pas 4ème pour rien.

Je reste donc longtemps derrière lui, on descend toujours très bien mais ça me permet de souffler un peu et de ne pas trop entamer mes jambes déjà bien attaquées par les jours précédents et ce début d'étape. Cependant, tout en bas de cette portion, Charles-Alexis chute à plat ventre sur un passage anodin, je lui demande si ça va tout en passant à côté de lui et il me répond par la positive et me dit de filer. Je suis 4ème !

Bon, c'est de bien courte durée car la grosse descente s'arrête là et alors qu'on a encore un peu de descente à parcourir, on a un petit interlude moins sympathique pour moi avec une montée en plusieurs temps. Charles-Alexis me repasse logiquement devant, plus frais et surtout bien meilleur que moi en montée et dans la partie raide qui suit, alors que je suis obligé de ralentir nettement tout en faisant quand même l'effort pour ne pas tout perdre d'un coup, c'est Loïc qui me rattrape et me dépasse là aussi très logiquement. Il grimpe vraiment beaucoup mieux que moi.

Je subis la montée mais je m'emploie pour relancer dès que possible quand on retrouve la fin de la descente vers Venosc. Là, j'en remets une bonne couche pour aller au bout de mon effort car je comprends bien que je ne ferai ensuite pas illusion sur la suite de l'étape. Mon arrivée du jour est en bas... Je me rapproche de mes deux camarades et quand on retrouve la route, ça remonte légèrement avant de descendre encore un peu donc je les recolle juste avant le ravitaillement. Je fais de grands signes à Nico car je sais qu'il ne s'attend pas à me voir arriver 6ème et il finit par me voir alors que les autres spectateurs doivent me prendre pour un fou à faire de tels coucous ! Bon par contre, je ne lui cache rien et lui dis clairement que je vais exploser alors que je repasse devant Loïc et pointe en 5ème position à mi-course ! Enfin, plus de la mi-course en distance et moins de la mi-course en temps d'effort puisque je passe au ravito après 32 minutes et 25 secondes.

Comme tous les jours, je zappe le ravitaillement pendant que Loïc fait une courte pause (honnêtement, aujourd'hui, j'aurais dû m'y arrêter et bien me réhydrater vu la chaleur et l'effort fait jusque-là). Charles-Alexis s'est déjà envolé dans la montée. Loïc me rattrape rapidement donc je lui glisse quelques mots en lui disant que ma course s'arrête là et qu'on ne se recroisera plus sur le parcours... Il n'imagine pas à quel point je vais dégringoler !

Le début de la montée de Venosc, il est terrible pour moi car c'est ce que je n'aime pas, des pentes très raides où je n'ai aucune efficacité. Autant je limite bien la casse sur des efforts longs et linéaires ou sur des passages plus techniques, autant là, c'est clairement l'entraînement qui paie et cette année, mon dénivelé positif parcouru est proche du néant et je le sens bien...

Toute la traversée du village, bien que jolie, est un supplice. Je n'avance plus, je ne fais qu'encourager ceux qui me dépassent et que je ne peux nullement essayer de suivre. J'ai quand même fait une grosse descente car certains coureurs qui me mettaient une mine les jours précédents tardent à me dépasser mais ils finissent par tous passer, chacun leur tour... Les membres du top 10, Mathis, les premières féminines... Puis Stéphane, le gars que j'avais pourtant redoublé la veille au classement général et aussi pleins de concurrents que je n'ai pas vu les jours d'avant car ils étaient derrière moi... C'est bien simple, dans cette montée, je perds près de 40 places, rien que ça.

Je passe le début du segment grimpeur après 43 minutes et 24 secondes en 13ème position et alors que d'habitude, je ne perds pas grand chose sur les segments, même ceux en montée sur ce petit défi, là, je perds encore 3 places pour en ressortir 16ème après 50 minutes et 23 secondes de course. 85ème du segment grimpeur en 6 minutes et 59 secondes, sans chercher à me battre certes mais en essayant d'avancer du mieux que je peux quand même.

Et ce n'est que le début de la chute... Je ne fais aucune pause dans cette montée mais je n'avance pas, l'impression d'être au ralenti. Je suis cuit, cramé de la semaine et de mon début de course. Je me suis fait plaisir, c'est tout ce qui compte mais là, je morfle. Je n'ai plus aucune énergie et certaines grosses marches sont très dures à franchir alors que d'habitude, je les passe avec plaisir et facilité. Là, les cuisses sont sacrément plus lourdes que d'habitude. J'avance comme un zombie. 

Les échanges avec les concurrents ou avec les spectateurs sont sympas, je suis décontracté mais dans le mal. J'ai complètement déconnecté moralement, j'ai abandonné l'idée de pouvoir me relancer, y compris sur le petit replat que je connais pourtant bien. Physiquement, c'est compliqué mais je pense que j'ai surtout lâché dans la tête après avoir fait l'effort que j'avais envie de faire aujourd'hui. Jouer devant, c'est hard, quand même. Quand je finissais la première étape aux portes du top 10, j'ai pu me rendre compte que même si le niveau du petit défi est très différent de celui du grand défi, il y a quand même des portions qui ne me conviennent pas du tout, je prends cher dans les montées très pentues et les descentes de bourrins. J'aime le technique, surtout quand ça se court.

Une fois en haut de la montée, après une ascension interminable, je retrouve Nico qui est remonté tranquille en télécabine. Je marche encore un peu en papotant avec lui puis je tâche de relancer un peu quand même pour le final de l'étape. Un peu plus d'un kilomètre où je cours avec le peu d'énergie qu'il me reste, pas bien vite. Un gars me rattrape encore dans la dernière petite montée, un faux-plat montant qui ressemble à un col pour moi aujourd'hui. Il a la gentillesse de me pousser un peu et de m'encourager à repartir mais je n'en ai pas le courage. Je relance quand c'est plat ou quand ça descend, je n'ai plus envie de courir quand ça monte.

Je finis convenablement en retrouvant une énième fois Nico qui a pu me rejoindre facilement en coupant par les rues de la station, 44ème du jour en 1 heure 31 minutes et 56 secondes. 11ème le premier jour, 16ème le deuxième, 21ème le troisième... La chute au classement était assez logique vu le profil des différents parcours qui me convenaient de moins en moins. Aujourd'hui me convenait davantage mais j'ai fait le choix de mettre all-in dans la descente pour prendre un max de plaisir, je l'ai bien payé dans la montée mais sans aucun regret.

Au classement général, je sauve quand même mon top 20 en finissant 19ème au scratch après 5 heures 47 minutes et 09 secondes de course pour 48 kilomètres et 3100 mètres de dénivelé positif environ. 15ème homme et 7ème senior, je perds deux places lors de la dernière étape qui m'empêche de réaliser un top 5 dans ma catégorie mais je sais que c'était à peu près ma place sur cette édition et ça me convient bien.

Quelle semaine encore avec ce très chouette Défi de la Muzelle ! Je suis content de l'avoir vécu très différemment de l'an dernier, une nouvelle très belle expérience à jouer le classement général plus que les segments cette année, sur un format plus à ma portée même si ça fracasse quand même bien. Après, le repos n'a pas été total mercredi et que dire de la suite de ce vendredi qui va finir de m'achever physiquement... 38 kilomètres et 1500 mètres de dénivelé positif en bonus pour un aller-retour à l'Alpe d'Huez pour voir passer le Tour de France avec une énième Montée de Venosc en fin de journée (après un resto salvateur et dans des conditions idéales de quasi pleine Lune, cependant !).

Un grand merci aux 2 Alpes Trail pour cette superbe organisation encore une fois... Grand Défi de la Muzelle, Lumières de la Muzelle, Petit Défi de la Muzelle, je complète la collection... Tour des 6 Vallées de l'Oisans en 2027 ?? Affaire à suivre.

Merci aussi à mon frère pour ses encouragements et ses photos sans oublier Alizé Bonmort pour ses superbes photos, une chaque jour dans des décors magnifiques qui me permettent d'illustrer mes publications sur les réseaux sociaux et mon récit.

[20 au 24/07/2026] Défi de la Muzelle
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