Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mes expériences sportives

Mes expériences sportives

Courses à pied, tournois de Badminton & récits en tous genres


[27/04/2019] Grand Trail du Sonneur

Publié par David Gueudet sur 28 Avril 2019, 16:00pm

Catégories : #COURSE À PIED

[27/04/2019] Grand Trail du Sonneur

Les Trails de la Brie des Morin sont de ces rendez-vous incontournables de mon planning de course à pied chaque année. Pour la quatrième année consécutive et à l'occasion de la sixième édition de cette épreuve, je prévois de participer à une des courses prévues au programme. Idéalement placé dans le calendrier, au beau milieu des vacances scolaires et à 3 mois et demi de mon objectif 2019 (Trail des Fantômes - 70 kilomètres), le Grand Trail du Sonneur se présente comme une répétition parfaite et comme un beau défi de début d'année.

C'est donc la première fois que je vais m'aligner sur une course à pied chronométrée de plus de 60 kilomètres après avoir terminé la Montagn'Hard (60 kilomètres, 5000mD+) en 2016. L'année de ma première participation aux Trails de la Brie des Morin, d'ailleurs. Sur le Trail du Tacot Briard (comme en 2018) ainsi que sur la Course nocturne des Têtards (comme en 2017 et 2018).

Cette fois, ce sont pas moins de 67,6 kilomètres qui sont à parcourir avec un dénivelé positif inférieur à celui qui m'attendra en août dans les Ardennes Belges mais tout de même conséquent (1570mD+).

Ce Grand Trail du Sonneur arrive dans une période plutôt positive au niveau sportif puisque je suis plutôt en forme en ce moment. En revanche, les journées et les semaines sont assez chargés en amont de la course. Dans les deux semaines qui précèdent l'épreuve, je bats d'abord mon record sur 10 kilomètres (39'37) puis celui sur 5000m (18'26) avant de faire un bon tournoi de Badminton sur 3 jours à Compiègne. Compétition qui se termine le lundi de Pâques, à J-5 du GTS.

La semaine qui précède la course, je ne suis pas en vacances. Je fais moins de Badminton que d'habitude pour récupérer du tournoi et être en forme ce week-end. En revanche, en stage de VTT pour le boulot, je fais environ 150 kilomètres de vélo dans la semaine dont 44 la veille du Grand Trail du Sonneur.

Samedi 27 avril 2019

C'est avec Julie que je me rends aujourd'hui à Saint-Cyr-sur-Morin. Tandis que je serai en course, Julie sera bénévole auprès de l'organisation en tant que responsable du ravitaillement d'arrivée. Le départ de la course n'étant prévu que pour 10h30, nous arrivons sur place vers 9h30 dans des conditions météorologiques très moyennes. Les concurrents du 100 kilomètres (distance inédite pour l'Ultra Trail de la Brie des Morin à l'occasion de la 6ème édition) sont parti à 7h00 sous la pluie et l'ont subi pendant une grosse heure.

Je récupère mon dossard, le numéro 258 ainsi que mon cadeau de participant, un saucisson ! On a le choix entre une bouteille de jus de pomme et un saucisson. Ensuite, je commence à me préparer. Beaucoup de pluie est annoncée pour la journée avec des températures ressenties très fraîches (environ 8°C) et des rafales de vent. Je pars donc avec deux tee-shirts, un à manches longues et un à manches courtes. Je prends également avec moi mon imperméable coupe-vent fin que je porterai dès le départ et ma veste de pluie que je mets dans le sac.

Autrement, je chausse évidemment mes chaussures de Trail, les Kalenji Kiprun XT6 ainsi que mon short multifonctions et ma casquette Kikouroù. Dans le sac, je pars avec le matériel obligatoire dont la lampe frontale que j'espère ne pas avoir besoin d'utiliser. J'ai un bon litre d'eau, deux compotes et quelques gels également, en plus d'un peu de chocolat.

Je connais bien la course pour y avoir participé à trois reprises sur des plus petites distances et je sais que les ravitaillements y sont de très bonne qualité. Mais je sais aussi que sur une telle distance, il est nécessaire d'avoir de quoi se ravitailler entre les ravitos car certaines portions peuvent être plus longues que prévues.

Mon seul objectif aujourd'hui, c'est de finir. Je sais que j'en suis capable mais je sais également que le profil de la course ne me correspond pas forcément très bien. C'est du long où il faut gérer ses efforts (ça, j'aime plutôt) mais il va aussi falloir beaucoup courir et dans des paysages souvent très semblables avec des conditions météorologiques changeantes et certainement parfois très défavorables. Je suis donc plutôt confiant au départ mais aussi prudent et méfiant. J'espère terminer en moins de 10 heures mais même si c'est en plus, je serai déjà très content.

Avant le départ, je retrouve deux connaissances tandis que Julie prend fonction au ravitaillement d'arrivée pour commencer sa préparation. Je discute avec Jean-Luc et Clément, deux kikoureurs que j'ai déjà eu l'occasion de croiser à plusieurs reprises. Nous nous élancerons ensemble à 10h30 pour le départ de la course.

Juste avant le départ, photo prise par Julie

Juste avant le départ, photo prise par Julie

Du départ au Ravito 1 (La Trétoire)

16,7 kilomètres - 568mD+

C'est à l'issue du décompte du speaker que le coup de pistolet est donné. C'est parti pour une belle mais longue aventure. Partis du fond du peloton, Jean-Luc, Clément et moi nous frayons un chemin pour remonter un peu de monde sur les premiers hectomètres de la course. Nous partons prudemment mais il vaut mieux éviter de trop se retrouver bloqués à l'arrière tout de même.

L'ambiance est très sympa dès le début avec les accompagnateurs des coureurs et un groupe de musique qui rythme les premières foulées. Rapidement, Jean-Luc s'éloigne en se faufilant assez vite dans le peloton de coureurs. Une fois replacés, Clément et moi stabilisons notre allure pour gérer la première montée. C'est la première fois que Clément participe à cette course alors que je connais très bien ces premiers kilomètres puisqu'ils sont communs aux courses auxquelles j'ai déjà eu l'occasion de participer ici.

Tout le début de course passe facilement puisque nous discutons tout en avançant bien. Nous avons 3 heures pour rejoindre le premier ravitaillement donc nous n'avons pas d'inquiétude à avoir vis-à-vis des barrières horaires. Clément a pour objectif de terminer en 8 heures même si son objectif premier est le même que le mien, finir avant tout. Nous partons donc sur un rythme modéré mais sans traîner.

Mes sensations sont bonnes sur ces premiers kilomètres. Pourtant, je ne vais pas beaucoup moins vite que l'an passé sur le Trail du Tacot Briard que j'ai terminé en un peu plus de 3h30 (pour 32 kilomètres). Je retire même assez vite mon coupe-vent imperméable car le soleil apporte de la chaleur, je transpire déjà bien. Nous profitons du parcours et du cadre, très agréables.

Petit fait de course, au kilomètre 10,2 lorsque - en pleine discussion - Clément et moi ne remarquons pas qu'il faut tourner à droite, au beau milieu d'une ligne droite. Heureusement, d'autres coureurs plus vigilants nous interpellent. Nous sommes une quinzaine de coureurs ayant fait l'erreur à ce moment précis, quelques-uns devant nous et d'autres derrière. En fait, il y a bien le balisage avec les piquets et la rubalise mais la flèche blanche destinée à nous y orienter a quasiment disparu à force d'être piétinée par les coureurs de toutes les courses passées avant nous.

Nous attaquons alors une grosse montée avant de redescendre quelques dizaines de mètres plus loin de là où nous avons dû faire demi-tour précédemment. Nous sommes alors au kilomètre 13,7 donc nous aurions coupé plus de 3 kilomètres si nous ne nous étions pas rendu compte de notre erreur, Clément ayant été alerté par sa montre de notre sortie de parcours juste avant que des cris ne nous confirment que nous faisions mauvaise route.

Rebelote juste après puisque nous grimpons 50 mètres de dénivelé positif sur la droite pour redescendre cette fois moins de 10 mètres plus loin que là où nous avions tourné. Ce sont des passages très sympas avec de belles grimpettes mais c'est clairement du dénivelé gratuit qui ne nous permet pas de progresser vers la ligne d'arriver. Qu'ils sont fourbes ces traceurs ! :-P

C'est un peu plus tard que les choses commencent à changer, après un peu plus d'une heure de course. Je le sens, le rythme adopté par Clément me convenait bien jusque-là mais si je veux tenir jusqu'au bout de la course, je risque d'être dans le dur à cette allure. Il reste plus de 50 kilomètres à parcourir donc je vais devoir être davantage en gestion. Dans une montée, je laisse quelques mètres d'avance à Clément.

N'ayant pas très envie de passer plus des 3/4 de la course en solitaire, je fais l'effort pour recoller à mon partenaire de course mais je sens que je ne pourrai pas tenir longtemps. Je reviens bien mais dans la montée qui suit, je ne peux pas m'accrocher, je préfère clairement m'économiser en marchant tout du long, sans forcer. Je dépasse au passage un concurrent aligné sur l'Ultra Trail mais qui marche en annonçant au téléphone à ses proches qu'il va très certainement abandonner au prochain ravitaillement. Ce sera alors la mi-course pour ceux qui sont sur le 100km.

Un peu plus loin, j'en profite pour faire une courte pause pipi nécessaire avant de repartir en direction du ravitaillement de La Trétoire. Après un peu moins de deux heures de course, j'entre dans la mairie dans laquelle tout est mis à disposition pour bien s'alimenter et s'hydrater. Je n'ai encore rien consommé jusque-là à part de l'eau donc je commence à être dans le besoin. Nous nous faisons la réflexion avec Clément - que je viens de retrouver - que nous aurions certainement dû manger un petit quelque chose avant le ravito, quand même.

C'est donc après presque 17 kilomètres de course que j'avale un peu de tout ce qui se trouve sur les tables. Du saucisson, du fromage, de l'orange, des bonbons et d'autres choses encore. Je sors également mon gobelet des Fauvettes pour boire un peu de coca, du sucre rapide qui me fait toujours du bien en course. Je profite pleinement de ce ravitaillement placé après 1/4 de course. Il reste grosso modo 51 kilomètres et 1000mD+ à parcourir désormais. 

Ici, nous retrouvons des concurrents du Trail du Tacot Briard partis 1 heure avant nous. Le parcours est commun jusque-là. J'assiste à une petite scène sympathique entre une concurrente asiatique toute heureuse d'être là et un bénévole amateur d'harmonica. De quoi donner le sourire. Mais il est maintenant temps de repartir, après avoir envoyé un message à Julie et à ma mère pour les tenir au courant de mon avancée.

Photo prise par Didier, merci !

Photo prise par Didier, merci !

Du ravito 1 au ravito 2 (Bellot)

31,5 kilomètres - 756mD+

Nous attaquons désormais la portion la plus monotone du parcours puisque c'est celle qui se trouve le plus au beau milieu des champs. En plus, la configuration de ceux-ci fait que nous traversons les zones plates avec le vent de côté tandis que nous passons les faux-plats montants avec le vent de face. Reparti de La Trétoire avec Clément, je le laisse très vite filer, en le gardant tout de même longtemps en ligne de mire.

Au bord des champs de colza, de nombreuses affiches ont été placées. Elles sont personnalisées aux prénoms de concurrents habitués des Trails de la Brie des Morin et engagés cette année sur le 100km. Il y en a une bonne trentaine si ce n'est plus. Je les lis toutes, elles me font sourire avec à chaque fois, une rime trouvée et souvent, une référence adaptée à la personne en question. Parmi les coureurs concernés, il y en a que je connais comme les kikoureurs Philippe ou Geoffray mais aussi Luca Papi et Eric Leblacher.

Petit échange sympa au passage avec deux concurrents que nous côtoyons depuis un moment et qui font la course ensemble. "Ah, ben il t'a abandonné alors, c'est pas sympa !" en référence à Clément que je suivais précédemment.

Je vais maintenant faire course seul mais avec de brefs échanges réguliers très sympathiques avec d'autres concurrents, qu'ils me doublent ou que je les dépasse, qu'ils soient sur le 68 ou le 100km. Nous continuons également de dépasser des coureurs du 32km jusqu'à ce que nos chemins se séparent, dans une descente boisée.

Je me sens un peu mieux dans cette partie plutôt favorable et j'attaque la portion suivante à travers champs avec davantage d'élan et de motivation. Je cours plutôt bien alors que nous avons dépassé les 20 kilomètres de course. Ce n'est que peu avant le deuxième ravitaillement que je connais un très léger coup de mou qui me donne l'envie pressante d'arriver à Bellot pour manger et boire. Dans une descente très agréable mais interminable, je finis par manger une compote car je n'ai aucun repère kilométrique.

C'est juste après que j'arrive finalement au ravitaillement, situé dans une piscine. Ici aussi, je me ravitaille bien comme il faut et je prends mon temps avant de repartir car cela commence à tirer un peu. J'ai croisé Clément juste avant d'arriver au ravitaillement tandis qu'il en partait.

Une nouvelle fois, je bois un peu de coca et je mange, du sucré comme du salé. Un peu de tout, je m'alimente bien. Nous n'avons même pas 10 kilomètres à faire avant le prochain ravitaillement mais nous sommes au cœur de la course, près de la moitié donc ce n'est pas le moment de subir. Un concurrent que je côtoie depuis un moment se renseigne pour savoir où se trouve le point de contrôle car un panneau nous disait qu'il y en avait un d'obligatoire au niveau du ravitaillement mais il n'y a en fait ici aucun pointage.

Je n'ai mis qu'une heure et demi pour parcourir les 15 kilomètres séparant les deux premiers ravitaillements donc je sais que je vais devoir davantage gérer la suite de la course.

Du ravito 2 au ravito 3 (Point du Jour)

40,9 kilomètres - 984mD+

Je repars pour la troisième partie de la course, la portion la plus courte du parcours tel qu'il est découpé par les ravitaillements. J'en ai donc normalement pour moins de 1h30 de course même si deux belles montées nous attendent.

Après une assez longue côte qui permet de repartir tranquillement du ravitaillement, nous attaquons une descente bien pentue qui sollicite bien les jambes. Les cuisses travaillent dur tandis que je commence à sentir un peu de douleur dans les genoux. C'est léger mais cela m'inquiète légèrement. J'essaie de ne pas être trop brusque dans ma foulée en descente et j'évite au maximum le bitume.

Le plus dur moralement sur cette course, ce sont pour moi les portions en faux-plat montant sur le bitume et les passages interminables à travers les champs, surtout quand nous avons le vent de face ou défavorable sur le côté. En revanche, évidemment, lorsqu'il est de dos, c'est beaucoup plus facile de courir. Mais gare à ne pas s'emballer !

Cette partie de course passe plutôt vite puisque je mets seulement un peu plus d'une heure pour rejoindre le ravitaillement du Point du Jour après une belle montée dans un cadre sympathique et accueillant. C'est si beau qu'à un moment, un concurrent devant moi part vers la droite sans faire attention au balisage. Je l'appelle plusieurs fois avant qu'il ne capte que je lui parle pour le faire revenir sur le bon chemin. Il me remercie alors. Cependant, deux problématiques viennent s'ajouter à la fatigue générée par le début de course à présent.

D'abord, je commence à avoir des crampes ! Et c'est beaucoup trop tôt, à près de 30 kilomètres de l'arrivée ! Celles que j'ai aux orteils, je les soulage en relâchant mes pieds au maximum quand je les pose. Plus facile à dire qu'à faire quand on progresse sur des cailloux mais dans l'ensemble, je m'en débarrasse facilement car je sais que j'ai juste à davantage m'appliquer dans ma façon de courir ou de marcher. En revanche, pour celle que je ressens à l'arrière de la cuisse gauche, ce n'est pas simple ! Je me force à marcher dans une portion où j'aimerais courir et après deux ou trois vaines tentatives de redémarrage, cela finit par passer après la longue montée qui précède le ravito.

L'autre soucis, c'est que le soleil commence à se cacher tandis que la pluie fait progressivement son apparition. C'est certain, nous allons nous prendre une belle averse vus les nuages noirs qui s'approchent. Ouf, j'arrive à temps au ravitaillement.

Ici, comme à chaque fois, il y a du choix en sucré et en salé. Je me ravitaille bien même si le saucisson m'attire moins que sur les deux ravitos précédents. Du coup, je privilégie les chips. Je ne me laisse pas tenter par les sushis et les makis préparés par Luca Papi et Céline la veille même si je ne doute pas qu'ils soient d'un très bon apport pour la course. En revanche, une bénévole vient gentiment m'aider à remplir ma poche à eau quasiment vide. Me voilà avec 1 litre d'eau qui me suffira pour les 27 derniers kilomètres.

Je bois du coca, je mange un peu de sucré, j'envoie mon message traditionnel de ravito et je me recouvre. J'en profite pour retirer ma casquette que je ne remettrai plus jusqu'à la fin de course. J'ai besoin d'avoir les cheveux un peu plus à l'air car j'ai chaud. Pareillement, je commence à en avoir marre de la compression de mon short. C'est la première fois. Je repars donc avec mon coupe-vent imperméable sur le dos, prêt à affronter la pluie.

Photo prise par Jocelyne, merci !

Photo prise par Jocelyne, merci !

Du ravito 3 au ravito 4 (La Forge)

54,9 kilomètres - 1273mD+

Evidemment, nous ne manquons pas de nous prendre une belle averse mais elle ne dure pas longtemps, un quart d'heure tout au plus. Le vent l'accompagne bien par contre. Du coup, parti pour marcher beaucoup plus, je relance en courant pour éviter de trop subir la pluie alors que je me trouve dans une portion sans abri.

J'ai 14 kilomètres à parcourir pour atteindre le dernier ravitaillement de la course. Je suis très bien parti pour aller au bout de la course mais je sens que je suis entré dans le dur de la course, la partie où le mental va avoir son importance pour tenir bon en ne pas craquer. Mais je me sens bien. Je commence juste à avoir les jambes bien lourdes.

C'est une partie très vallonnée de la course que j'attaque et c'est plutôt une bonne nouvelle. En effet, dans chaque montée, je marche et ça me fait du bien mais je ne rencontre pas trop de difficultés à relancer dans toutes les descentes. Ce serait plus difficile sur du plat donc j'apprécie bien. Je serre les dents mais tout se passe bien. Je suis régulier.

Une fois que la pluie s'arrête de tomber, je retire ma capuche et j'ouvre mon coupe-vent dès que le soleil repointe le bout de son nez car il apporte immédiatement une bouffée de chaleur. Près des champs, dans les hauteurs, le sol fume puisque l'humidité s'échappe du bitume. C'est un contexte particulier mais sympathique. Je profite de la nature car le calme prédomine, comme depuis le début de la course. Nous sommes ici à la campagne et pouvons profiter de paysages certes peu changeants mais franchement jolis à voir.

Il ne se passe pas grand chose sur cette partie de la course. Je me fais doubler par quelques concurrents mais je m'en fiche pas mal car je suis totalement en gestion. Et finalement, je n'avance vraiment pas si mal. Quasiment 7km/h de moyenne malgré les montées sur les 14 kilomètres qui m'amènent au dernier ravitaillement de la course avant l'arrivée.

Au kilomètre 52, des bénévoles nous motivent bien en nous indiquant que le ravitaillement se trouve à 3 kilomètres et qu'il y a des grillades avec un barbecue ! Je me prends à avoir envie de viande. Saucisses, merguez, ou autres.. Peu importe ! Cependant, après une bonne relance en partie descendante, je remarche assez vite car ce sont 3 kilomètres de plat et de faux-plats qui précèdent le ravito. Je me remets à courir un peu plus loin pour tenir un bon rythme jusqu'à la Forge.

Là, petite déception, il n'y a pas de viande cuite au Barbecue, tout a été mangé et une nouvelle fournée est en cours, je ne l'attendrai pas. Cependant, l'ambiance est très sympa et je profite tout de même d'un toast au Brie chauffé au Barbecue. Cela change ! Pour le reste, coca et tout le reste bien sûr. Allez, je suis déterminé, il ne reste plus que 13 kilomètres à parcourir !

Photo prise par Noëlle à l'arrivée au Ravito, merci !

Photo prise par Noëlle à l'arrivée au Ravito, merci !

Du ravito 4 à l'arrivée

67,6 kilomètres - 1570mD+

Lorsque nous repartons du dernier ravitaillement, c'est une belle côte qui nous attend. Pas moins de 80 mètres de dénivelé positif à avaler en moins de 500 mètres. En montagne, ce ne serait rien mais ici, après 55 kilomètres, ce n'est pas si simple. Je gère bien la montée avec en point de mire le fameux gars qui cherchait le point de contrôle au deuxième ravitaillement de la course.

Je finis par le rattraper en me disant que vu comme il semble fatigué, il y a peut-être moyen que je me trouve là un compagnon de route pour la fin de la course. Une seule chance pour le savoir, vérifier s'il relance... Du coup, je le rattrape dans la fin de la montée boisée puis j'accélère en le dépassant sur la partie plate. Je guette, il se met à recourir, c'est tout bon !

Ensuite, cela remonte mais moins sèchement que dans les bois. Je ralentis légèrement la cadence en marchant tranquillement et il me remonte. J'ouvre le dialogue. Il s'agit d'un coureur de 47 ans qui fait là son premier vrai Trail ! Habitué des 10 kilomètres et semi-marathons, il a fait un Marathon mais n'a jamais fait de Trail de plus de 14 kilomètres. C'est assez dingue qu'il soit venu tenté sa chance sur le 68 kilomètres ici !

Un arc-en-ciel capturé après la montée suivant le ravito de la Forge !

Un arc-en-ciel capturé après la montée suivant le ravito de la Forge !

Nous discutons un bon moment, solidaires dans la fatigue et la souffrance sur ces derniers kilomètres de la course qui deviennent une vraie peine. Mes genoux me gênent terriblement pour relancer proprement dans les portions favorables alors que j'ai pourtant encore bien de l'énergie. Cependant, à 2, nous nous motivons à courir dès que le profil nous le permet, en attendant parfois avec impatience de remonter pour marcher. Tout est très psychologique.

C'est avec grand plaisir que je passe une petite dizaine de kilomètres en compagnie de ce concurrent qui me permet de vivre une fin de course bien moins pénible que si j'avais été tout seul. Et finalement, nous avançons encore très convenablement en guettant l'heure et la montre de mon compagnon de route. Nous devrions arriver avant 19h30, ce qui est très honorable pour une première sur cette distance pour tous les deux, avec nos profils différents.

Moins de 9 heures de course, c'est déjà pour moi une très grande satisfaction avec ma préparation particulière puisque je cours peu et je cours des distances très différentes. Le vélo me permet de faire un peu plus d'endurance mais le Badminton prend beaucoup de place dans mes activités sportives de la semaine donc ce n'est pas simple. Je suis donc déjà très content de ce que j'arrive à faire aujourd'hui, confirmation que je tiens une bonne forme générale.

Dans une portion de relance, à environ 6 kilomètres de l'arrivée, une connaissance de celui qui m'accompagnait jusqu'alors nous rejoint. Leur rythme ne me convient pas tout à fait car ils courent doucement mais de manière continue. Du coup, je reste derrière eux et je me fais un espèce de fractionné spécial mais qui me permet d'être régulier. Quand ça tire trop, je marche puis hop, je relance en trottinant un peu plus vite pour recoller à mes deux camarades. Et je fais cela un moment en en profitant pour me mêler à leurs discussions par brefs moments.

Enfin, nous finissons par rejoindre, au kilomètre 63, la dernière grosse difficulté de la course. Je la connais très bien car je l'ai déjà empruntée 5 fois (3 fois sur la Course des Têtards et 2 fois sur le Trail du Tacot Briard). Je sais qu'elle est particulièrement raide et en plus, aujourd'hui, elle a été rendue très glissante par les averses et les nombreux passages des concurrents des courses et marches précédentes.

Cette montée, je la gère bien et je reviens à nouveau sur mes camarades de course qui relancent en revanche un peu trop tôt pour moi sur le bitume. Je m'accroche cependant avant de basculer devant eux dans la descente car je sens qu'il vaut mieux que j'y aille à mon rythme. En plus, je suis plus à l'aise quand je vois où je peux mettre mes pieds vis-à-vis des cailloux et racines qui jonchent le sol.

Du coup, je réalise une bonne descente au prix d'un bel effort que je paie sur le bas. J'éprouve le besoin de souffler et de me relâcher un peu donc je laisse filer les gars et je m'arrête deux secondes avant de repartir tranquillement en marchant dans ce faux-plat montant sur bitume. Pensant que je ne reviendrai pas sur mes deux concurrents, je leur dis "à tout à l'heure" et on se donne rendez-vous à l'arrivée. Mais je relance en haut et dans la courte descente, je me rapproche de ceux que je poursuis désormais. Je connais maintenant par cœur le final de la course, il m'est favorable.

Deux autres coureurs sont en train de revenir par l'arrière et dans le début de la dernière montée, je visualise bien le final de la course. Il reste 1,5 kilomètres à tout casser et j'ai la pêche, d'un coup. Je tiens un bon rythme dans la montée, en marchant à bonne enjambées. Je recolle très vite aux deux coureurs qui me précèdent et les dépasse sans hésiter, ne voulant pas couper mon effort. Je leur dis que je leur fais confiance pour me reprendre au niveau du stade, je les pense capables de le faire mais en fait, je sais profondément que je vais finir fort et que je ne les reverrai qu'après la ligne.

Une fois en haut, je relance, même si c'est encore du léger faux-plat montant. Je suis plus que motivé, là. Hop, j'attaque la descente et je vais bien plus vite que dans les précédentes. Elle me convient très bien, celle-ci. Une fois en bas, je calme un peu le jeu mais je serre les dents et je finis les dernières centaines de mètres sur le plat à un très bon rythme. Je franchis la ligne d'arrivée près de deux minutes avant les deux gars avec qui j'étais moins de 2 kilomètres avant. Qu'elle m'a fait du bien cette fin de course !

J'attends l'arrivée de mes compagnons de course pour leur taper dans la main, je savoure un peu puis je file retrouver Julie à deux pas de là, au ravitaillement d'arrivée. Malheureusement, cela capte très mal à Saint-Cyr-sur-Morin donc elle n'a reçu aucun de mes messages pendant la journée et n'a donc eu aucune info sur mon avancée à l'exception de ce qu'a pu lui dire Clément (avec moi jusqu'au premier ravitaillement et à qui j'avais dit que je marcherais davantage sur la suite de la course).

Je récupère mon sweat finisher de la course (très chouette au passage !) et je retrouve Julie toute surprise et heureuse de me voir débarquer après seulement 8 heures 32 minutes et 52 secondes de course. Elle se doutait que je ne tarderais pas à arriver mais je lui avais dit que je prévoyais environ 10 heures de course donc je suis loin de mon estimation, pour mon plus grand plaisir.

Je finis en 62ème position sur 141 finishers du 68 kilomètres. Ravi de figurer dans la première moitié du classement sur une épreuve de ce type !

[27/04/2019] Grand Trail du Sonneur

Après-course

C'est un bel accomplissement aujourd'hui que de boucler ce Trail de 67,6 kilomètres et 1570 mètres de dénivelé positif tout sauf simple. L'organisation est excellente, les ravitaillements sont parfaits et les conditions météorologiques ont finalement été plutôt bonnes (beaucoup de soleil et de la chaleur alors que des orages, des températures moins élevées et beaucoup de vent étaient annoncés). Nous avons eu beaucoup de chance même si nous avons quand même eu de belles rafales et deux petites averses. J'ai parfois même eu trop chaud.

J'ai très bien géré mon alimentation et mon hydratation pendant la course ainsi que mon rythme de progression. Je n'ai douté à aucun moment et j'ai été plutôt régulier dans l'ensemble avec un départ prudent bien que sur mon rythme du Tacot Briard de l'an dernier.

Mes seules inquiétudes auront été mes débuts de crampes peu après la mi-course et cette gêne aux genoux certainement liée aux brusques descentes sur bitume ou dans les cailloux qui ne font pas du bien en chaussures de Trail.

Cependant, la corps a plutôt bien tenu le choc et a bien répondu malgré la fatigue de la semaine donc je ne peux être que ravi !

C'est avec grand plaisir que je retrouve après la course les kikoureurs présents aujourd'hui tels que Philippe et Geoffray (sur l'Ultra Trail) ou Jean-Luc et Clément (sur le Grand Trail du Sonneur), tous beaux finishers ! Je croise aussi brièvement deux connaissances qui ont fini le 100km et ont enchaîné avec la Course des Têtards le soir (!). Sacrés Luca Papi et Eric Leblacher !

Une chose est certaine, je reviendrai à la Brie des Morin. Pas forcément sur longue distance mais en tout cas, ce GTS a été une superbe expérience qui ne me laissera que de bons souvenirs.

C'était ma 200ème compétition, tournois de Badminton et courses à pied compris, et très loin d'être la dernière... !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents