Parmi mes courses coup de coeur de 2025, le Trail des Celtes sort du lot pour plusieurs raisons qui m'ont donné envie d'y revenir et de le faire découvrir aux copains. Malheureusement, Martin ne pourra pas être des nôtres cette année mais nous sommes 5 à nous y inscrire avec Jérôme, Laurent, Saïd et Rachid ! Seul Arnaud de la Team de Nice manque à l'appel, pas sûr de pouvoir la faire au moment où nous nous inscrivons.
En revanche, entre le 5 août 2025 - date de notre inscription à la course - et le 17 mai 2026, beaucoup de temps passe et l'on ne peut pas dire qu'on le consacre à une prépa Trail, bien au contraire. Très peu de dénivelé et d'occasions de porter les chaussures de Trail à recenser dans mon programme de ces derniers mois donc ce sera juste pour le fun ! Je réussis quand même à caser deux sorties aux 25 bosses dont une un peu tardive, à J-3 de la course. Après une période où la fatigue a parfois un peu pris le dessus sur le plaisir de courir, je suis content d'aborder ce week-end sans autre ambition que d'apprécier les moments à venir.
Samedi matin, je récupère Jérôme sur les coups de 9h pour partir ensemble en direction d'Obernai où nous retrouverons Saïd (déjà sur place en famille depuis jeudi) et Rachid (qui vient en train). Malheureusement, Laurent devait venir avec nous mais il est forfait, nous ne serons donc que 4 au lieu de 5 pour vivre cette aventure alsacienne. On arrive sur place vers 14h, on récupère nos dossards, on profite de l'ambiance et d'une spécialité locale, la fameuse choucroute aux spaetzels puis on retrouve les copains. Après quelques papotages, on reprend la voiture pour rejoindre notre logement avec Rachid et Jérôme.
DIrection Lingolsheim à une vingtaine de minutes de là. Un logement idéal pour 3 ou 4 personnes et avec plusieurs pizzerias à proximité, c'est parfait. Jérôme et Rachid mangent un bon plat de pâtes quand je poursuis la tradition entamée l'année dernière avec une bonne pizza de veille de course ! Il est ensuite temps de préparer nos affaires pour ne pas nous coucher trop tard. La nuit va être courte avec un réveil à 4h30 ! Et encore, j'ai gratté 15 minutes car les gars voulaient se lever à 4h15 pour jouer la sécurité !
Dimanche 17 mai 2026
La nuit n'a pas été parfaite mais ça va malgré le réveil très matinal. On prend notre petit-déjeuner, quelques passages aux toilettes indispensables puis on finit de préparer nos affaires et de respecter les consignes données pour rendre le logement nickel. On part un poil plus tard que prévu mais on est bien dans les temps, vers 5h10 !
Evidemment, ça roule bien pour retourner à Obernai où on trouve une place parfaite sur le parking le plus proche des navettes. On arrive pile à temps pour choper le car de 5h40, comme prévu. On réussit même à se placer tous les quatre au fond du bus pour le court trajet qui nous amène à Barr, lieu de départ de la course. Une fois arrivés, la première montée de la journée nous attend, du parking des navettes jusqu'à l'aire de départ et dès que nous sommes sur place, nous passons aux toilettes en profitant qu'il n'y ait pour l'instant pas grand monde.
On peaufine les derniers réglages de nos sacs (celui de la consigne et celui avec lequel on va courir) et je mets particulièrement davantage de temps que les autres pour ça mais j'aime bien prendre mon temps pour faire les choses tranquillement avant une course. Ayant conduit, ce n'est que maintenant que je chausse mes chaussures de Trail, les Scott que j'ai achetées l'an dernier juste avant le Trail des Celtes ! C'est donc leur deuxième séjour en Alsace, elles ont déjà parcouru 50 kilomètres entre Barr et Obernai.
On se rapproche ensuite du départ avant que les différents sas n'ouvrent et que l'on décide ainsi de déposer nos sacs à la consigne, ce qui signifie que l'on doit retirer une épaisseur, le vêtement qu'on n'embarque pas avec nous sur la course. Je retire donc mon k-way de la ville de Chelles que j'avais mis par-dessus ma veste à capuche imperméable que je garderai jusqu'au départ.
Ce matériel fait de toute manière partie du matériel obligatoire que l'on doit avoir avec nous sur la course, en plus de toutes les choses habituelles (de quoi s'alimenter et s'hydrater, une couverture de survie, un sifflet, un gobelet, de la bande élasto, ...). Il y a aussi deux choses que je vais à nouveau porter sans m'en servir, je le sais d'avance, c'est le collant long (ne courant qu'en short même par -10°C mais j'en vois l'intérêt en cas de forte défaillance et d'obligation de s'arrêter, la météo pouvant vite changer) et la lampe frontale (dont je comprends moins l'utilité, en plein mois de mai pour une course se courant intégralement de jour).
Une fois le sac déposé à la consigne, on souhaite une bonne course à Saïd et Rachid qui s'élanceront dans la vague 2 quand Jérôme et moi partons en vague 1, 15 minutes avant. On rentre dans le sas, on profite de l'ambiance et... on se concentre sur notre course. Beaucoup plus que l'an dernier avec Martin où on était vraiment juste en train de kiffer. Les conditions sont les mêmes, l'ambition de départ de prendre du plaisir aussi mais après coup, je me rends bien compte qu'on était quand vachement moins détendus que l'an dernier. Pourtant, on ne se met aucune pression mais l'approche n'est quand même pas la même, avec des ambitions chronométriques très modestes mais quand même évoquées. On part avec l'idée de mettre moins de 6 heures mais aussi une possibilité de se rapprocher voire d'aller chercher les 5 heures...
On finit par se découvrir à moins de 10 minutes du départ, la veste dans le sac, prêts à partir. Les minutes défilent vite et il est bientôt 7h00, le moment fatidique de s'élancer vers le beau parcours qui nous attend.
De Barr à l'Abbaye de Niedermunster
Le tout début de course se fait dans les rues de Barr, sur un tracé plutôt roulant dans un premier temps qui permet de bien étirer le peloton malgré une grosse densité. Puis, au bout de quelques centaines de mètres, on commence rapidement à monter une première rue puis des escaliers avant de rejoindre la route pour la première ascension qu'il est difficile de marcher même si j'aimerais être raisonnable et courir le moins possible en montée.
On ne s'emballe pas, on part à un rythme de course très modéré, tout va bien. Cependant, il est important de vite temporiser et marcher dès qu'on aborde les premiers chemins car j'ai toujours en souvenir mon début de course à Nice que j'ai beaucoup payé ensuite. On ne peut pas réussir une course juste en faisant un bon départ mais en revanche, on peut rater une course en partant trop vite et en se brûlant les ailes.
On respecte le plan et dès que nous arrivons dans les premiers chemins, après environ 3 kilomètres, on marche. En revanche, nous n'empruntons pas le même parcours que l'an dernier donc la gestion est très différente, avec beaucoup plus de relances sur ces premiers kilomètres donc j'ai plus de mal à contenir Jérôme cette année que Martin l'an passé. Il est en forme et c'est bien logiquement qu'on relance dès que ça s'aplanit car on a les jambes pour et sinon, on se fait dépasser par des wagons de coureurs...
L'an dernier, nous montions directement au Mont Sainte-Odile avant de faire un grand détour par l'ouest. Toute la première moitié du parcours est complètement différente de l'an dernier, jusqu'au deuxième ravitaillement. A part le tout début du tracé jusqu'au Château du Landsberg, il n'y a rien en commun à l'exception des passages au Mont Sainte-Odile et au Château du Birkenfels. Même au niveau des ravitos, c'est du coup très différent puisque nous avions un premier ravitaillement au Mont-Sainte-Odile après moins de 10 kilomètres de course l'an dernier quand nous n'en aurons un qu'au kilomètre 17 cette année.
C'est simple, sur les 4,2 kilomètres communs au parcours de l'an passé, nous avons couru exactement de la même manière avec Martin (32 minutes et 40 secondes) qu'avec Jérôme (32 minutes et 28 secondes) mais c'est ensuite que tout a changé, avec 400 mètres de dénivelé positif en moins entre le kilomètre 4 et le kilomètre 24 (26 l'an dernier). Donc forcément, on va plus vite et Jérôme est particulièrement à l'aise.
Les conditions sont vraiment excellentes, on se fait beaucoup doubler dans toute la partie montante de ce début de course mais je ne m'affole pas, je sais que ce n'est pas maintenant qu'il faut griller des cartouches. En revanche, là où c'est gênant, c'est que c'est beaucoup plus compliqué d'avancer à notre rythme dans les descentes étroites qui suivent car on se retrouve bloqués derrière ceux qui nous ont doublé et qui sont moins bons descendeurs. A chacun ses qualités mais là, on peut difficilement exploiter les nôtres et j'ai le sentiment que c'est moins facile à gérer cette année mais peut-être aussi parce qu'on est mieux placés et qu'on a ainsi davantage de monde autour de nous.
Ce que je n'aime pas, c'est me retrouver bloqué derrière des concurrents qui représentent un danger pour nous à cause de leurs bâtons. Ils sont nombreux à utiliser des bâtons en montée mais ils ne les rangent pas en descente, même ceux qui ne s'en servent pas. Alors oui, c'est contraignant de les ranger mais c'est aussi du respect, surtout quand on est dans un peloton assez dense comme le nôtre. Là, je suis gêné et ça complique les dépassements.
Du coup, on bombarde moins que l'an dernier dans les descentes (même si on avance bien) mais on relance bien plus fort dans les parties plus plates et Jérôme est gourmand. Je le suis malgré des mollets bien cartonnés en montée sur les premiers kilomètres. Mais en chauffant, ça va de mieux en mieux et les jambes sont correctes.
On finit par rejoindre le Mont-Sainte-Odile peu avant le kilomètre 15, du coup. Là, on attaque la descente en direction du premier ravitaillement, à l'Abbaye de Niedermunster. Quand nous étions 658èmes au premier ravito (km 9) l'an passé, nous sommes cette fois 310èmes ! 1 heure 51 minutes et 07 secondes de course pour ces 17 premiers kilomètres. Et encore, il me semble que le pointage était à la sortie du ravitaillement donc nous sommes arrivés quelques minutes avant puisque nous avons passé un peu de temps sur ce premier ravitaillement.
Pendant que Jérôme satisfait des besoins naturels qui devenaient semble-t-il urgents, je profite de l'ambiance et du ravito en mode apéro avec du saucisson et du fromage ! Un peu de coca aussi, ça fait du bien. Il me semble bien piocher également dans les fruits avec de la pomme et un morceau de banane mais aussi un peu de biscuit chocolaté. Clairement, je me fais plaisir, un deuxième petit-déjeuner ou un apéritif avant l'heure, au choix. On repart en marchant tranquillement pour finir les consommables embarquées avec nous.
De l'Abbaye de Niedermunster à Klingenthal
On attaque la partie la plus courte du parcours, une portion d'à peine peu plus de 7 kilomètres très roulante. Je n'ai pas de très grands souvenirs de toute cette partie-là à part qu'après un petit passage en faux-plat, on aborde quand même une belle petite bosse, celle que l'on n'attend pas vraiment quand on n'a pas observé le profil du parcours. Je sais qu'on a deux grosses montées sur le parcours (celle du début et celle d'après la mi-course) puis quelques bosses en fin de course et je sais qu'on est encore un peu en altitude car on n'a pas descendu grand chose depuis notre passage au Mont-Sainte-Odile (sans parler des très beaux décors alentours qui nous permettent parfois de voir de jolies vues depuis les hauteurs de la plaine d'Alsace).
Du coup, ça grimpe bien, quand même. Environ 150 mètres de dénivelé positif quasi d'une traite. Puis, on bascule au vingtième kilomètre vers la longue descente en direction de Klingenthal. Tout va bien mais c'est dans cette partie que je vais commencer à sentir mes limites et que ça va être difficile de tenir jusqu'au bout. Depuis le départ, je me sens un ton en-dessous de Jérôme, légèrement en sur-régime. Rien d'inquiétant mais je me connais, je ne suis pas dans une grande forme, moins à l'aise que l'an dernier où on profitait davantage. Je me force à suivre toutes les relances mais je sens bien que Jérôme a du jus.
Nous n'avons pas emprunté la même descente l'an passé mais pour autant, le profil était assez semblable pour rejoindre Klingenthal puisque nous étions davantage redescendus après le Mont-Sainte-Odile avant une deuxième belle montée pour plonger ensuite vers la mi-course. J'y étais très à l'aise, arrivant au ravitaillement en pleine bourre et devant même attendre un peu Martin. Là, je suis beaucoup moins fringant, j'avance bien mais c'est Jérôme qui donne le rythme et je suis même parfois contraint de le modérer un peu. Enfin, il est surtout parfois obligé de mettre le frein pour que je le rejoigne, alors qu'on double un paquet de concurrents, par contre. On dépasse tous ceux qui nous ont doublé dans la montée précédente.
Il me semble que c'est dans cette descente que je bute sur une racine pour faire un beau vol plané vers l'avant. Je commence à avoir l'habitude, chutant de plus en plus souvent en Trail... Je suis même tombé jeudi aux 25 bosses où j'ai fait une belle chute avant pour ne pas me faire mal ! Cette fois, c'est à plat ventre, les bras en avant et j'ai de la chance, il n'y a aucun obstacle donc c'est vraiment sans conséquence, je n'ai aucune douleur. J'hériterai juste d'un beau bleu et je repars avec un peu de feuilles sur le bras et la jambe gauche ainsi que dans la chaussette (ce que je ne découvrirai qu'après la course !).
Allez, un petit replat où je marchais l'an dernier pour remplir ma flask avec un gel afin de la remplir d'eau au ravitaillement tandis que là, nous courons évidemment. Petite remontée ensuite pour atteindre le ravito où l'ambiance est incroyable. A ce moment de la course, je suis encore beaucoup dans l'interaction, je réponds, je communique, on rigole avec les gens qui nous entourent. Cependant, cela ne va plus trop durer car c'est après ça que je vais entrer dans le dur. Nous sommes 290èmes (20 places gagnées) en 2 heures 33 minutes et 16 secondes de course.
Pourtant, je me sens encore vraiment d'aplomb à ce moment, je ne me ravitaille pas beaucoup (et c'est peut-être là une erreur) mais je n'ai pas très faim. Le ravito précédent n'était qu'il y a 42 minutes, je mange du fromage, je bois du coca, je grignote un peu mais pas des masses. Jérôme considère qu'on peut prendre un peu de temps ici car on attaque un gros morceau derrière, il a raison mais je n'ai pas spécialement envie de rester davantage. On remplit nos flasks puis Jérôme se mouille la tête quand je mouille un peu ma casquette puis on repart en se chambrant un peu avec les spectateurs en témoins.
De Klingenthal à Rosheim
C'est parti pour le deuxième gros morceau du parcours, la montée au Heidenkopf. Un peu plus de 500 mètres de dénivelé positif au programme. C'est vraiment étrange comme on peut ressentir les choses de manière très paradoxale. Je pense que c'est cette portion du parcours qui est la mieux passée de toute ma course et pourtant, c'est juste après que je vais exploser.
La montée se fait en deux temps, d'abord une première phase montante que l'on marche à un très bon rythme, sur un chemin vraiment pas difficile. Les pourcentages ne sont pas très conséquents, on se fatiguerait beaucoup à courir ici mais à marcher, ça passe vraiment bien. J'y adopte franchement un bon rythme, à l'aise. Si bien qu'ensuite, quand on attaque une longue portion de relance sur un chemin étroit mais roulant, j'ai l'impression que c'est du plat et on reprend pas mal de vitesse. Pourtant, il s'avère que c'est plutôt du faux-plat montant tout du long. Quand je regarde le profil de la course - y compris ce que ma montre a enregistré - j'ai l'impression de ne pas retrouver tout ce passage où on a pu courir avec aisance pour bien relancer à mi-montée.
Puis, une deuxième partie de montée progressive, d'abord semblable à la première partie de l'ascension puis un peu plus raide sur la fin, quand même, jusqu'au sommet. Je crois que c'est là que je commence à m'éteindre gentiment. La relance m'a peut-être achevé ? Je subis un peu la fin de la montée alors qu'habituellement, avec mon rythme de marche, elle devrait m'être plutôt favorable. Jérôme est devant, je suis à distance raisonnable. Je le chambre un coup au sujet du fait qu'il ne veuille pas monter à la tour alors que nous y étions montés l'an passé avec Martin mais je crois que de toute manière, je n'aurais pas vraiment voulu y aller non plus cette année, trop cuit par cette première partie de course intense. Je n'ai pas le même état de forme et le même état d'esprit que l'an passé même si j'en rigole bien avec les secours que l'on croise ici.
Sur toute cette portion ascendante, du ravitaillement au sommet, nous sommes à nouveau sur les mêmes temps que l'an passé (49 minutes et 38 secondes cette année contre 49 minutes et 49 secondes en 2025). On bascule immédiatement dans la descente où Jérôme s'attend à ce que je prenne les devants car c'est un peu technique et engagé sauf que je subis vraiment beaucoup plus qu'à l'accoutumée. Je serre les dents pour faire une belle descente à poursuivre Jérôme qui a des jambes de feu ! Cependant, l'allure me conviendrait bien habituellement sauf que là, je ne prends pas de plaisir, ça me fait même presque mal. Pour autant, on double encore une fois énormément dans cette descente que l'on dévale efficacement.
Dans la portion moins raide, Jérôme s'envole encore davantage, surtout à un endroit où l'ambiance est incroyable ! Quel bonheur cette bouffée d'encouragements ! A chaque fois que l'on passe dans une zone avec des spectateurs, l'ambiance est excellente et nombreux sont ceux qui regardent mon dossard et me disent "allez David", ça fait vraiment plaisir ! Je peine à revenir sur Jérôme qui ralentit pour que je le rejoigne un peu plus loin. Je passe plutôt bien toute la partie encore relativement descendante mais en revanche, je subis beaucoup plus dès que c'est plat. On est encore à ce moment sur des bases de 5h - 5h15 de course donc Jérôme commence à ambitionner de passer sous les 5h, un objectif caché depuis le début de course mais auquel il commence à s'intéresser sérieusement.
Il m'en parle une première fois en me demandant si ça me dérangerait s'il partait pour essayer de finir en moins de 5 heures, je lui réponds qu'il fait ce qu'il veut, je lui laisse le choix. Il voit les kilomètres qui défilent, les minutes aussi, je fais l'effort de maintenir un rythme correct pour ne pas trop le ralentir mais je vois bien qu'il a les jambes pour en remettre beaucoup plus et surtout, j'arrive à bout de mon côté, la fin de course va être très compliquée, j'en ai conscience. Du coup, je l'interpelle et lui donne "l'autorisation" officielle de s'échapper ! On se tape dans la main et c'est un Jérôme libéré (et même tigré, ai-je envie de dire en référence à une Private Joke du week-end) qui s'envole définitivement en direction d'Obernai.
Bon, maintenant, il ne faut pas que j'explose complètement car on est au kilomètre 39 donc il reste encore 9 kilomètres à parcourir et probablement les plus durs pour moi (avec la fatigue, le plat qu'il faut péniblement courir et toutes les petites bosses bien vilaines qu'il faut encore passer). J'arrive jusqu'à Rosheim en courant lentement jusqu'au ravitaillement, les jambes bien lourdes. Cependant, à part quelques coureurs encore plutôt frais, je ne fais pas tâche au milieu des autres zombies qui m'entourent, ça me rassure un peu.
De Klingenthal jusqu'à Rosheim, j'ai deux données très différentes pour analyser la différence de rythme entre les deux années dans cette portion. J'ai d'abord le segment Strava d'un peu plus de 15 kilomètres parcouru en 1 heure 47 minutes et 54 secondes en 2025 contre 1 heure 44 minutes et 35 secondes en 2026 (3 minutes 20 de moins cette année). Et il y a les pointages aux ravitos (à l'entrée pour ces deux ravitaillements il me semble) qui prennent donc en compte mon attente de Martin l'an passé à Klingenthal, en plus du fait qu'on a probablement mis plus de temps à ressortir du ravito. Là, j'ai 1h59 en 2025 contre 1h50 en 2026 (soit 9 minutes de moins cette année).
En tout cas, j'arrive à Rosheim au bout de 4 heures 23 minutes et 08 secondes de course, 269ème (21 places gagnées), à déjà 2 minutes et 28 secondes de Jérôme qui m'a lâché il y a moins de 1500 mètres (et a doublé 20 coureurs) !
J'ai besoin de souffler même si je ne vais pas m'éterniser à ce ravitaillement où il y a cette fois bien peu de monde (pas d'accompagnants à l'intérieur et un peloton sacrément plus étiré désormais). Je remplis à nouveau ma flask de 500mL que je mets ensuite à l'intérieur de mon sac pour prendre avec moi les 2 petites flasks de 250mL à l'intérieur desquelles j'ai mis une demi-pastille d'électrolytes. Il y avait aussi une pastille entière dans la grande flask mais je l'ai bue sur la première moitié de course avant de la remplir avec de l'eau uniquement à Klingenthal. Je bois du coca puis je mange à nouveau un peu de fromage et de l'orange. Je n'ai toujours pas très envie de manger. Je finis par boire un peu d'eau pétillante avant de repartir en marchant.
De Rosheim à Obernai
7,5 kilomètres et même pas 200 mètres de dénivelé positif à parcourir pour franchir la ligne d'arrivée, rien d'insurmontable mais je sais dorénavant que je ne passerai pas sous les 5 heures de course et le chrono est devenu très anecdotique. Je vais encore passer près d'une heure sur les chemins d'Alsace pour rallier péniblement l'arrivée de cette très belle course que j'ai eu plus de mal à apprécier que l'an dernier malgré des conditions idéales et une très belle ambiance.
Je suis tout seul désormais mais je m'efforce de relancer dès que le terrain le permet, sur le plat et en descentes. En revanche, je n'avance quasiment plus dans les montées tant elles deviennent un supplice pour moi avec la fatigue. Chaque petite bosse me semble tellement plus dure à franchir au fil des kilomètres...
Bon, là, clairement, sur les segments Strava, ça bascule dans l'autre sens. Quand, jusqu'à maintenant, j'améliorais légèrement mes performances de l'an dernier, là, je vais moins vite. Concrètement, je mets à peu près 4 minutes de plus pour ces 7 longs derniers kilomètres, ce que je ne trouve pas si aberrant que ça vu mon état. Je trouve que j'ai relativement bien limité la casse. 50 minutes au lieu de 46 pour le segment de Rosheim à Obernai.
Je mets par exemple 17 secondes de plus dans la partie montante qui nous permet de sortir de Rosheim, d'abord sur le bitume puis sur un chemin le long des champs, content de ne pas me faire revoir trop vite par mes poursuivants. Je mets 1 minute et 40 secondes de plus dans la portion vallonnée qui suit où je peine davantage à me relancer et où je vois un bus me doubler (enfin, au sens figuré puisque c'est juste un groupe de coureurs très conséquent !). Je suis beaucoup plus lent sur les relances, un peu plus lent dans les descentes et je limite la casse dans les montées que je subis beaucoup mais sans m'arrêter.
Allez, les kilomètres passent, les bosses aussi et l'arrivée est proche. Les 3-4 bons coups de cul font mal mais je savais que la fin serait dure. J'arrive quand même toujours à me faire surprendre par des remontées que j'avais oublié. Quand il n'y en a plus, il y en a encore ! J'essaie une interaction avec un gars qui me rattrape mais c'est un bel échec, tant pis. Au moins, je suis toujours de bonne humeur malgré la difficulté ! Bon, par contre, pas cool le gars qui nous dit que c'est la dernière montée... dans l'avant-dernière montée ! Je l'ai maudit dans la suivante du coup... Comme la dame qui nous dit "allez, c'est tout plat jusqu'au bout puis la descente" alors qu'on se tape un vilain faux-plat montant sur plusieurs centaines de mètres.
Je me force à le courir tout du long, au ralenti mais je ne marche pas ! On rejoint ensuite la route avant de basculer dans l'ultime descente, la plus pentue de la course, sur le bitume tout du moins ! 5 secondes de moins que l'an dernier dans ce passage ! Et même 9 secondes de moins sur tout le dernier kilomètre, d'en haut jusqu'à l'arrivée sur les remparts, je rebascule quand même dans le vert en toute fin de course ! Je pense aux concurrents du 100 miles qu'on a vus ici samedi après-midi, qui avançaient franchement bien pour certains après autant de kilomètres.
Ultime montée avec les marches de la fameuse passerelle qui passe au-dessus de la dernière route que l'on traverse puis la descente pour filer à grandes enjambées (ou presque) vers l'arrivée, accueilli par la speakerine et de nombreux spectateurs dans une superbe ambiance où j'écarte les deux bras pour taper dans les mains des enfants qui n'attendent que ça ! Je franchis enfin la ligne d'arrivée, 313ème sur 1870 arrivants en 5 heures 18 minutes et 54 secondes de course. 44 places perdues sur cette dernière portion pour finir à peu près à ma place du premier pointage (310ème) après plus de 48 kilomètres et 1600 mètres de dénivelé positif (et négatif !).
Jérôme - que je retrouve juste après l'arrivée - a fini très fort, une accélération qu'il a un peu payé sur les derniers kilomètres mais il termine 182ème en 4h58'51. Derrière, Rachid et Saïd ont fait une superbe course commune, 440èmes en 5h35'42 ! On profite rapidement du ravitaillement d'arrivée avant de récupérer nos cadeaux finishers (les traditionnels médaille, serviette et verre qui complètent ma collection après Nice et le Trail des Celtes 2025) et de savourer le repas coureur (un bon burger et des frites que j'ai eu plus de mal à manger).
Il est ensuite temps de rentrer en région parisienne, un trajet qui s'est très bien passé malgré les trombes d'eau reçues dès notre arrivée en terres seine-et-marnaises. Fin d'un week-end fatigant mais encore plein de bons moments ! On a bien rigolé, on s'est bien dépensés... Vivement le prochain !
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