Parmi les incontournables du printemps, la course Entre Dhuis et Marne figure en pôle position tant j'aime cette course, son ambiance, son organisation en plus d'être très proche de chez moi. Si je peux y participer, j'en suis assurément. C'est donc la sixième fois que j'y prends part après 2015 et 2016 (16 kilomètres), 2021 (22 kilomètres), 2024 et 2025 (12 kilomètres).
Comme l'an dernier, la course arrive une semaine avant le Trail des Celtes 50km en Alsace, une belle petite sortie nature qui permet de jauger un peu mon état de forme. Après l'Ekiden de Pontault, la semaine a été plutôt soft avec deux petites séances club mardi et jeudi et une belle balade à vélo vendredi matin. La journée du samedi n'a en revanche pas été de tout repos entre boulot et coaching des jeunes en compétition à Savigny-le-Temple.
Dimanche 10 mai 2026
Avec un départ de course prévu à 9h15, j'arrive sur place sur les coups de 8h10 pour avoir le temps de me préparer tranquillement et de croiser du monde, y compris les coureurs du 22km qui débute à 8h30. J'ai récupéré mon dossard jeudi soir avant d'aller à la piste donc je peux papoter tranquille avant d'assister au départ de la première course de la journée.
Ensuite, je dépose mes affaires à la consigne puis je pars m'échauffer avec Guillaume et Ludovic sur les chemins de la Dhuis. On fait une première boucle avant de revenir un peu trop tôt vers le départ et ainsi attaquer une deuxième plus grande boucle pour un peu plus de 4 kilomètres d'échauffement.
En revanche, sur la fin, on se prend une belle averse qui nous trempe bien comme il faut. On essaie en vain de s'abriter un peu sous les tentes déjà bien chargées avant de se positionner au dernier moment sur la ligne de départ... Sauf qu'en fait, à cause d'un petit problème d'électricité, nous allons ainsi patienter une dizaine de minutes avant que le départ ne soit finalement donné. 10 minutes pendant lesquelles on se refroidit bien, avec une bonne chair de poule !
La course
C'est à 9h24 que le peloton est libéré ! Plusieurs coureurs prennent vite les devants mais très provisoirement pour certains qui ont décidé de partir vite mais aussi de rapidement ralentir, contrairement à Guillaume qui prend ainsi d'entrée quelques longueurs d'avance en poussant bien son départ.
Au bout de quelques centaines de mètres, je me retrouve en deuxième position, à distance raisonnable de mon camarade de club, leader de la course. C'est alors que je me fais dépasser par un coureur vêtu du maillot du PAAC que je ne connais pas... Il s'avère qu'il s'agit d'un coureur qui vient de Bretagne et qui va jouer d'un beau duel avec Guillaume sur tout le reste du parcours.
Je ne m'emballe pas, après un début de course à 3'30/km, je calme un peu le jeu. Je me sens bien mais sans plus, je suis à ma place et devant, ça va trop vite pour moi. Et même derrière, je sens que ça pousse fort donc je ne me leurre pas, je sais que le podium sera encore plus difficile à aller chercher que l'an dernier (4ème au scratch après une belle bagarre avec l'ami Tony).
Un autre coureur me passe un peu plus loin, je reste à mon rythme et ne cherche pas à l'accrocher puis, après un peu plus de 3 kilomètres, dans la partie herbeuse qui nous mène vers la Forêt des Vallières, je me fais attaquer par un autre concurrent pour me retrouver en cinquième place avec du monde qui me colle aux basques. Je ne me retourne pas mais je sens bien que je suis poursuivi.
Dans les Vallières, je fais un bel effort car j'aime ces passages variés, un peu joueurs, d'autant qu'on double désormais de nombreux concurrents du 22km qui ont fait une boucle de plus par rapport à nous. Je navigue entre les groupes jusqu'à être bien gêné dans une descente bien pentue, obligé de jouer un peu des bras pour me faufiler sans risquer de chuter. Je dévale toute la grande descente qui suit avant de temporiser sur le plat.
C'est là que je perds une nouvelle place puisque Romain me passe devant. Je l'avais repéré parmi les inscrits et me doutais qu'il serait un adversaire coriace. Je ne cherche pas à le suivre, on arrive à peine à la mi-course et on va attaquer toute la portion la plus difficile où l'on peut facilement exploser si on gère mal sa course donc je poursuis sur ma lancée.
Les premiers hectomètres de montée font mal après un début de parcours aussi roulant mais heureusement, j'ai choisi au dernier moment de chausser les chaussures de Trail et j'ai bien fait. Derrière moi, j'entends au loin un drôle de bruit, probablement un concurrent qui chute dans un passage rendu bien gras par les averses de ce matin.
Un peu plus loin, je croise l'ami Alex qui me chambre et m'encourage comme à l'accoutumée ! Je m'efforce de courir toute cette portion montante qui n'est pas trop raide. Je marche juste les derniers mètres avant la route, davantage pentus et glissants puis je relance sur la dernière partie de montée, bien difficile mais que je décide de courir intégralement cette année, contrairement à d'habitude.
Je n'ai pas une énergie folle mais je me sens bien et je vois que je limite bien la casse par rapport aux 4ème et 5ème que je rattrape même un tout petit peu. Et surtout, je double assez facilement des coureurs du 22km qui ont déjà parcouru plus de 16 kilomètres de leur côté. Ouf, j'arrive en haut de cette grosse difficulté, au niveau de la Croix de Carnetin. On retrouve un peu de plat et de bitume dans une ambiance sympa entre musique et encouragements.
Ensuite, je passe au niveau du seul ravitaillement du parcours mais je n'y prends rien, focalisé sur ma course. Il reste 5 kilomètres à parcourir, certes pas les plus simples mais je n'ai besoin de rien. Petite descente en sous-bois caillouteuse, je reprends de la vitesse avant d'attaquer la partie plate sur la Dhuis qui nous mène vers les secteurs boisés bien exigeants de la fin de course.
Je gère la course différemment par rapport à l'an dernier. Je ne fais pas un gros effort sur les faux-plats où j'ai envoyé l'an dernier pour rejoindre Tony, je suis davantage en gestion, ce qui me permet d'arriver moins entamé dans les parties plus techniques où on enchaîne montées et descentes en serpentant dans la forêt. Je vais moins vite, je perds un peu de temps mais je subis beaucoup moins les passages plus délicats. Je ne sais pas si ça me permet d'y être plus efficace mais je les vis mieux en tout cas.
Je continue de reprendre des concurrents du 22km mais la différence d'allure est bien moins importante que précédemment même si je fais clairement la différence quand il y a un peu de dénivelé. Je n'ai pas l'impression qu'il y ait du monde du 12km à proximité derrière moi, ce n'est en tout cas pas ma priorité même si j'espère ne voir revenir personne. Cependant, même si j'ai toujours Romain en ligne de mire, je sens bien que ça va être compliqué de le reprendre.
On sort des bois à l'attaque du dernier kilomètre sur la Dhuis. J'ai le sentiment d'avoir plutôt bien géré ma course. Je finis bien sans forcer pour autant car je sens bien que ma place est stabilisée. Dernière montée en gestion puis j'en remets un peu dans la dernière ligne droite mais sans me mettre minable vu qu'il n'y a aucun enjeu. Je finis à une belle sixième place qui me satisfait bien pour aujourd'hui. J'ai mis deux minutes de plus que l'an dernier sur le même parcours mais le terrain n'était pas dans le même état et je n'ai pas eu de véritable duel pour me pousser dans mes retranchements.
Je tape au passage dans la main de l'organisateur Hervé puis je franchis la ligne au bout de 52 minutes et 26 secondes d'effort. 6ème au scratch sur 389 arrivants et 3ème senior, récompensé comme 1er senior hors podium scratch, comme l'an dernier, puisque les deux premiers sont Samuel et Guillaume qui ont fini aux deux premières places de la course, trois minutes devant moi. Je termine à 2 minutes du podium (mon chrono 2025) et moins de 20 secondes après Romain.
Ensuite, c'est l'occasion de débriefer les courses de chacun, la main droite pleine de peinture rouge, celle qui se trouvait sur les arbres que j'ai attrapé pour ne pas chuter... Car par contre, la majorité des concurrents est tombée, des chutes souvent sans conséquences mais souvent liées à un mauvais choix de chaussures. On récupère tranquillement avant de profiter du ravitaillement d'arrivée puis de toute la cérémonie de récompenses traditionnelle avec les différents podiums de MEGA, individuels et collectif puisque nous étions le deuxième club le plus représenté sur l'ensemble des courses.
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