Parmi les épreuves dont je ne suis pas un grand fan, il y a assez clairement les 10 kilomètres sur route. J'ai rarement pris du plaisir et eu de bonnes sensations sur des 10 kilomètres "à chrono", préférant largement les courses plus variées au niveau du terrain. J'aime bien celui de Roissy, sur chemins. En revanche, il y a une exception à cela car j'aime bien venir à Houilles. C'est la cinquième fois que j'y viens après ma dernière participation en 2022. Cette année, c'est parce que Jérôme s'y est inscrit que j'ai craqué car ce n'était pas du tout prévu au programme initialement.
Ce qui n'était pas prévu non plus, c'était de faire 104 kilomètres de Run & Bike nocturne le week-end précédant la Corrida. Je fais donc une semaine très soft ensuite car j'ai beau avoir eu d'excellentes sensations et très peu de courbatures, ce n'est quand même pas un effort anodin surtout en fin d'année avec toutes les compétitions que j'ai pu faire à nouveau. C'est mon 54ème dossard de l'année ce dimanche à Houilles contre 55 en 2024. Et dans le lot, il y a quand même eu quelques belles courses-objectifs malgré des préparations très (très) limitées.
Après mon RP sur semi à Boulogne fin 2024, mon RP sur 5km en septembre à Mitry-Mory et mon RP sur Marathon à Amsterdam en octobre, vais-je finir 2025 avec un RP sur 10 kilomètres ? C'est en tout cas mon ambition mais sans que ce soit un objectif concret, sans préparation, encore une fois. Je ne sais vraiment pas comment je vais avoir récupéré de la Grande Ourcq, surtout en cette période où des virus traînent partout.
Houilles m'a souvent bien réussi avec mon premier 10km en moins de 40 minutes (en 2016 !), 38'40 en 2019 et mon actuel RP sur route en 37'24 qui date de fin 2022 ! J'ai un RP sur 10 000 mètres en 37'19 mais c'était sur piste, à Combs-la-Ville (en mars 2023). Jeudi, pour ma reprise de la course à pied, je fais mon traditionnel petit 3 x 1000m test avec de grosses récup et ça passe plutôt bien à une allure ambitieuse de 3'36-3'37/km.
L'idée est de partir avec Antoine D. entre 3'36 et 3'40/km et de tenir le plus longtemps possible autour des 3'38/km même si je me satisferais déjà pleinement d'un 3'40/km synonyme de RP explosé en 36'40. L'objectif idéal est donc le sub 37' et déjà, battre mon RP, serait une vraie satisfaction. Sinon, tant pis, il y aura bien d'autres occasions avec moins de courses et de fatigue dans les jambes.
Dimanche 21 décembre 2025
Le gros avantage de cette course, c'est qu'elle a lieu l'après-midi ! Après une semaine assez fatigante, j'ai eu une journée du samedi agréablement bien chargée (boulot le matin enchaîné avec l'après-midi crêpes et jeux de société avec Martin, Jérôme & co). Crevé samedi soir, je me suis endormi vers 22 heures, bien plus tôt que prévu. Dimanche, c'est donc un réveil en douceur après une bonne grosse nuit, comme rarement. Je traîne un peu avant de manger un bon plat de pâtes vers 11 heures.
Ensuite, Martin passe me chercher et on récupère au passage Antoine et Jérôme, direction Houilles ! On arrive sur place peu après 13 heures, on galère un peu pour se stationner et pour rejoindre le lieu de retrait des dossards, un peu (beaucoup) à l'arrache. On n'aura pas le temps de repérer la boucle comme je l'avais prévu mais c'est peut-être pas si mal, un court échauffement sera suffisant vu les conditions du jour (il fait très doux... et humide !).
On se prépare au chaud, dans le "vestiaire" en épinglant nos dossards. Ce sera le 1126 pour moi. Ensuite, on dépose les affaires à la consigne, on file vers la zone de départ pour un passage express (mais nécessaire) aux toilettes avant un petit kilomètre de trottinement et de gammes. Il est déjà temps d'aller se placer, en avance mais il vaut mieux ne pas être trop loin dans les sas, on s'y place pile au bon moment, avant qu'il ne se remplisse vraiment. Impeccable, on est plutôt bien placés. On est tous les 4 ensemble car on a retrouvé l'autre Antoine, celui de MeGa tandis que Jérôme est spectateur pour l'instant vu qu'il courra la course des as à 15h55.
La course
Le départ est donné pile à l'heure, à 14h00 ! On a attendu plus de 20 minutes dans le sas mais je trouve que c'est passé plutôt vite et il fait beaucoup moins froid qu'il y a 3 ans. En revanche, une petite pluie fine nous accompagne régulièrement. C'est parti et je prends plutôt un bon départ en me faufilant au milieu de ce gros peloton qui s'élance. On n'est pas à la bonne allure sur les premiers hectomètres donc j'essaie de me frayer un chemin pour me libérer un peu et du coup, je perds mes trois acolytes qui ne parviennent pas à me suivre.
Je me concentre sur ma course car j'ai envie de tenter un départ aux allures visées et de n'avoir aucun regret, tant pis si j'explose plus tard. Je mets quelques centaines de mètres à trouver mon rythme mais je finis par bien me lancer au moment d'attaquer la première montée de la course, celle que l'on retrouvera à chaque boucle et qui ne me semble vraiment pas dure pour l'instant, elle me paraît même plus facile que d'habitude alors que c'est la même. C'est là que Martin me rejoint enfin, lui qui devrait normalement être devant moi. C'est plutôt avec les deux Antoine que je devrais me trouver mais ils ne sont pas dans le rythme pour le moment.
En haut de la bosse, alors que je suis repassé devant Martin, il me dit "on va la faire ensemble celle-là". Je ne sais pas trop comment le prendre... soit je suis parti trop vite et je vais le payer, soit Martin n'est pas dans un bon jour. Je ne réfléchis pas bien longtemps et je me relâche bien dans la descente... et là, dans ma bulle, je perds à nouveau Martin qui sentira malheureusement en bas de cette descente qu'il est vraiment dans un jour sans au niveau pulmonaire après une semaine de grippe.
De mon côté, je passe le premier kilomètre en 3'40, un poil lent mais vu les premières centaines de mètres, je suis désormais vraiment sur le bon rythme et surtout, très rapidement, je sens que je suis bien en jambes, que ça vaut le coup de tenter de garder cette allure entre 3'30 et 3'35/km que j'ai pendant toute la suite du premier tour. Je ne regarde pas mes temps de passage, je suis focalisé sur ma progression, je vais chercher du monde devant moi ou je m'accroche à des gars qui me semblent aller au bon rythme, la dynamique est hyper positive et je me sens vraiment bien.
Les conditions sont très bonnes, le parcours me plaît bien, l'ambiance aussi, tout est parfait. Je finis la première boucle avec cette énergie-là et quand je passe au niveau de Jérôme qui m'encourage avec enthousiasme, je lui réponds d'un pouce en l'air. Je soigne mes trajectoires en virages, je me sens vraiment bien avec les Kiprun KD900 x.2 que je n'ai pas portées depuis le Marathon d'Amsterdam. Plus que deux tours à faire, ça passe vraiment super bien pour le moment, quel plaisir !
C'est aussi la première fois que je porte mon maillot du club, le débardeur MeGa, par-dessus un tee-shirt blanc que je n'ai également jamais porté en compétition. Allez, c'est parti pour le deuxième tour et on arrive évidemment bien vite dans la montée, ça passe plutôt bien. Bonne relance dans la descente puis toujours une super ambiance dans le faux-plat montant suivant. Le seul moment où je regarde le chrono, c'est au passage au kilomètre 5, en 18'10 environ ! Je suis sur de très bonnes bases mais je sais que la deuxième moitié de course ne sera pas aussi simple.
Les kilomètres continuent de défiler rapidement et je me sens toujours aussi bien. Je commence à doubler des concurrents à qui on prend un tour et c'est encore plus motivant, surtout qu'ils ne sont pas nombreux pour l'instant donc ce n'est pas du tout gênant. Les signaleurs demandent à ces coureurs de se décaler au maximum sur la droite sur tout le parcours, ça nous facilite la tâche car au bout d'un moment, ça devient de plus en plus difficile de se frayer un chemin sans devoir changer de trajectoires et avec la fatigue qui s'installe, ça peut vite coûter beaucoup en énergie.
Je suis toujours dans la même dynamique lorsque je termine le deuxième tour même si je sens bien au passage au sixième kilomètre que les choses commencent à se corser un peu, la dernière boucle va se faire au mental ! Je vis une course incroyable, je commence à avoir hâte qu'elle se termine pour réaliser le chrono sur les bases que je tiens depuis le départ, sans craquer, ce serait de tout perdre sur le dernier tour.
Nouveaux encouragements de Jérôme, ça fait plaisir et direction la ligne droite du départ pour la dernière fois ! Là, on commence à vraiment doubler beaucoup de monde et cela fait un moment que je fais une course en solitaire par contre, avec souvent les mêmes gars en ligne de mire. J'ai remonté quelques places, je n'ai aucune idée de mon classement qui est en réalité bien meilleur que ce que j'aurais pu imaginer.
Vers le bas de la montée, voilà Martin qui revient de l'arrière ! Enfin, c'est ce que je crois mais en fait, il a stoppé son effort après un tour et vient m'accompagner sur un bout de ma dernière boucle alors que moi, je pense qu'il revient juste de l'arrière vu qu'il est normalement bien meilleur que moi (sans son état grippal, il visait 35 minutes !). Je n'ai pas vraiment besoin de ça pour me motiver mais ça me booste bien quand même de revoir une connaissance. J'ai doublé Julien en tout début de course puis Joël il y a quelques kilomètres, des gars que je connais et qui sont habituellement bien devant moi, c'est vraiment un bon jour pour moi.
Cependant, je commence à serrer un peu plus les dents. C'est la première fois que je bute un peu sur la montée même si je maintiens un rythme très correct, motivé par la quantité incroyable de concurrents à qui je reprends un tour... Eux ne sont que dans le début de leur deuxième boucle tandis que j'ai attaqué ma troisième. Je fais une grosse relance dans la descente avant de subir un peu plus le faux-plat montant suivant. J'aurais aimé être en capacité de faire la fête avec les gars qui mettent l'ambiance ici mais je fais surtout l'effort pour revenir sur des coureurs qui craquent un peu devant moi.
Martin arrête de m'accompagner et me dit de tout donner jusqu'au bout, que je suis une machine, que c'est un temps pour moi alors qu'il commence à tomber des trombes d'eau, des encouragements qui font bien plaisir. Il me semble aussi que je double une autre connaissance à qui je prends un tour, Christophe, qui m'encourage lui aussi, ce à quoi je suis incapable de répondre quoi que ce soit. Comme lors des deux tours précédents, je zappe complètement le ravitaillement et je poursuis mon effort pour enfin basculer dans la phase descendante du parcours.
Les kilomètres défilent un peu moins vite mais je parviens quand même à bien relancer, les yeux souvent fermés, comme à chaque fois que je souffre sur une course sur route ou sur piste. Je négocie au mieux les virages à gauche que je peux prendre à la corde en faisant attention de ne pas me faire coincer par un coureur que je double et je prends large dans les virages à droite car la corde est bien occupée.
Même si cela commence à se compliquer un peu vu la densité du peloton que l'on double, j'ai la chance de courir tout seul donc ça passe plutôt bien et ça me motive pas mal. C'est plus difficile pour ceux qui sont davantage regroupés derrière moi. Je souris aussi (intérieurement je pense) lorsqu'un signaleur dit aux concurrents "serrez à droite pour laisser passer les flèches", ça me fait plaisir d'en faire partie !
Allez, encore deux kilomètres, c'est pas grand chose, les virages s'enchaînent, je tiens bon. Neuvième kilomètre en 3'35, je l'ignore car je ne regarde pas la montre pendant que je cours mais en revanche, au passage au panneau du kilomètre 9, je jette un oeil au chrono pour la deuxième fois de la course... Moins de 33 minutes, 32 minutes et une quarantaine de secondes, ça sent très très bon le gros RP, même en finissant à 4'/km, je serai sous les 37 minutes !!
Le dernier kilomètre est très dur, c'est de la souffrance, j'ai envie d'arrêter pour la première fois de la course, j'ai hâte de franchir la ligne d'arrivée mais ce n'est pas le moment de lâcher, je donne tout, je lutte contre l'envie de tout relâcher pour maintenir l'effort jusqu'au bout. Dans la dernière ligne droite, j'entends les encouragements de Djamel, j'arrive enfin sur le tapis d'arrivée, j'en remets encore un peu, je manque de peu de me viander bien comme il faut au passage et je finis au bout de l'effort ! Je regarde la montre, enclenchée juste avant le passage sous l'arche de départ et arrêtée juste après le franchissement de l'arche d'arrivée... 36'16 et j'en déduis assez vite que mon temps réel de course est donc de 36'15, je suis bouche-bée !
Incroyable, j'explose mon record de plus d'une minute à l'issue d'une course où je me suis senti super bien, comme assez souvent cette année finalement. 36 minutes et 15 secondes, nouveau record personnel et pas qu'un peu ! Je termine 68ème sur 1897 arrivants sur la course populaire ! Un top 100 que je n'aurais jamais imaginé ! Derrière, les deux Antoine en finissent et ils sont loin d'avoir vécu la même course que moi. Je me suis senti si à l'aise aujourd'hui sur des allures que je n'ai jamais essayé de tenir sur un 10km.
Je mets un moment à récupérer, d'abord debout les mains sur les cuisses puis assis en attendant les copains... Ensuite, on file vers les consignes pour récupérer nos sacs en obtenant au passage notre médaille de finisher et un petit ravitaillement. On s'est bien fait arroser sur la fin de course en particulier donc je me change rapidement pour me mettre au sec et au chaud, on débriefe à chaud avec les gars puis je file vers le départ pour me mettre à l'abri en attendant de suivre la fameuse course des as avec les élites mais aussi quelques connaissances : Jérôme, Madjid, Laurent et Djamel !
Quelle satisfaction, le sentiment du devoir accompli voire même plus. J'étais dans l'inconnue totale de ma forme suite à la Grande Ourcq, sans prépa 10. Voilà de quoi aborder l'année 2026 avec encore plus d'envie car il va y avoir de belles choses à faire même si la route sera évidemment toujours secondaire pour moi. La Corrida de Houilles, moi, je l'adore ! L'organisation est top, l'ambiance incroyable, j'apprécie beaucoup le parcours et j'y performe souvent !
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